Brève histoire des matches à élimination directe

Publié le 26 avril 2012, mis à jour le 30 novembre 2012

Quarante-et-une parties jouées à quitte ou double, que ce soit en phase finale olympique, européenne ou mondiale : les Bleus et l’élimination directe, ça a très mal commencé, mais ça a plutôt bien fini.

Dans leur longue histoire vieille de cent huit ans, les Bleus ont surtout joué des rencontres amicales (61% du total), leur quotidien jusqu’à la fin des années cinquante. Viennent ensuite les matches de qualification, pour l’Euro (102) ou la coupe du monde (91). Et donc une toute petite partie de matches en phase finale (41) [1]. Examinons ces derniers en détail.

Comme nous nous intéressons ici aux matches à élimination directe, nous allons écarter les premiers tours des coupes du monde ou des Euro, et même le second tour du Mundial 1982. Restent donc des rencontres de huitièmes, quarts, demi ou finales, dont l’enjeu ne pouvait pas se prêter au calcul : le gagnant est qualifié (ou vainqueur de l’épreuve, ou classé troisième dans le cas des petites finales), le perdant est éliminé.

Selon ces critères, il ne reste plus que 41 matches (sur 749 disputés à ce jour). On pourait y ajouter des matches de barrage en phase qualificative (comme en 1949 contre la Yougoslavie à Florence, en 1961 contre la Bulgarie à Milan ou en 2009 contre l’Irlande en aller-retour), mais nous avons choisi de ne retenir que les rencontres de phase finale.

Grèce-France (1-0), 25 juin 2004
Grèce-France (1-0), 25 juin 2004
Le but de Charisteas signe la dernière défaite dans le temps de jeu des Bleus dans un match à élimination directe.

Premier constat, le dernier match de ce genre commence à dater : il s’agit du France-Italie de Berlin en juillet 2006. Les éliminations au premier tour en 2008 et en 2010 n’ont pas permis aux Bleus de jouer le moindre match à élimination directe depuis six ans.

Deuxième remarque : sur les vingt derniers matches de ce type, l’équipe de France n’en a perdu qu’un dans le temps de jeu (contre la Grèce en quart de finale de l’Euro 2004), auquel il faut toutefois ajouter deux autres à l’issue des tirs au but (Italie 2006 et République tchèque en demi-finale de l’Euro 96).

Les 17 autres ont tous été remportés, même si deux d’entre eux l’ont été aux tirs au but (Pays-Bas à l’Euro 96 et Italie à la coupe du monde 98) et cinq fois en prolongations (Belgique à la coupe du monde 86, Paraguay à la coupe du monde 98, Portugal et Italie à l’Euro 2000, Cameroun à la coupe des Confédérations 2003). Les quatre dernières fois grâce à un but en or, d’ailleurs.

France-Paraguay (1-0), 28 juin 1998
France-Paraguay (1-0), 28 juin 1998
Le but de Laurent Blanc est le premier but en or marqué par les Bleus. Il y en aura trois autres en 2000 (Zidane, Trezeguet) et en 2003 (Henry).

Les vingt-et-un premiers matches à élimination directe ont été en revanche beaucoup plus laborieux. Même lors de la décennie Platini (1976-1987), l’équipe de France n’en a joué que huit (entre 1982 et 1986) dont le Belgique-France évoqué ci-dessus. On y trouve quatre victoires (dont une aux tirs au but contre le Brésil au Mundial 86) et trois défaites dont deux contre l’Allemagne (82 et 86) et une contre la Pologne (82, match de classement).

Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, par-delà le gouffre de 22 années qui sépare le Mundial 82 à la coupe d’Europe des Nations 1960, le bilan est franchement mauvais : dix défaites pour cinq victoires, dont deux lors de la coupe du monde 1958 (Irlande du Nord en quart et Allemagne en match de classement).

Jeux olympiques de Londres, 13 juillet 1908
Jeux olympiques de Londres, 13 juillet 1908
L’équipe de France y dispute en octobre ses deux premiers matches en compétition face au Danemark (0-9, 1-17).

Et parmi ces défaites, il y en a des gratinées, surtout dans les sept premiers matches à élimination directe de l’histoire des Bleus, entre 1980 et 1928. A l’époque, la coupe du monde n’existait pas encore (1930) et encore moins la coupe d’Europe des Nations (1960) ou l’Euro (1980). L’équipe de France s’alignait ponctuellement aux Jeux Olympiques, et ce n’était pas beau à voir. Aux JO de Londres en 1908, il y avait même deux équipes nationales alignées : elles furent atomisées par le Danemark l’une après l’autre, 0-9 et 1-17, ce dernier match voyant même l’attaquant Sophus Nielsen marquer… dix buts, dont trois lors des six premières minutes.

En 1920 à Anvers, une belle victoire en quarts contre l’Italie (3-1), la première de l’histoire des Bleus en compétition, n’empêcha pas l’élimination en demi contre la Tchécoslovaquie (1-4). En 1924 lors des JO de Paris, l’équipe de France se qualifia pour les quarts de finale par une victoire facile contre la Lettonie (7-0) ne fit pas le poids face à la meilleure sélection du monde, l’Uruguay (championne olympique cette année-là et en 1928), vainqueur 5-1. Quatre ans plus tard à Amsterdam face à l’Italie, les Bleus mènent 2-0 après 17 minutes mais s’inclinent finalement (3-4). C’était le dernier match olympique à compter pour une sélection A, puisque par la suite (et jusqu’en 1980) seuls les amateurs pouvaient participer aux JO.

L'équipe d'Uruguay, championne olympique 1924
L’équipe d’Uruguay, championne olympique 1924
La Celeste, alors meilleure équipe du monde, a battu la France aux JO de Paris.

[1Jeux olympiques jusqu’en 1928, coupe du monde, coupe d’Europe des nations (à partir des demi-finales), Euro et coupe des confédérations.

A paraître le 25 octobre

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