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Deschamps, saison 5

Publié le 23 juin 2017

Côté pile, le duo Mbappé-Dembélé, des nouveaux latéraux, Giroud qui plante et Lemar qui arrive. Côté face, un milieu qui se cherche et une défaite préjudiciable à Solna. Un an après l’Euro, la pièce de Deschamps est toujours sur la tranche.

Entre un Euro à domicile plutôt réussi mais finalement très frustrant et une Coupe du monde qui marquera le vingtième anniversaire du titre de 1998, cette cinquième saison de Didier Deschamps à la tête des Bleus ne pouvait évidemment pas rivaliser. Avec au programme six matches de qualification sur les dix à jouer pour aller en Russie, elle n’avait aucune chance d’être décisive — sauf si les Bleus en perdaient trois ou quatre et abandonnaient tout espoir d’aller jouer chez Poutine.

Mais on pouvait en tout cas lui demander, à cette saison 5, d’apporter des éléments de réponse à plusieurs questions restées en suspens l’été dernier : que valent ces Bleus face à des grosses équipes ? Sont-ils capable de prendre le jeu à leur compte contre des adversaires plus faibles qu’eux ? Trouvera-t-on enfin des arrières latéraux à la hauteur des attentes ? Griezmann maintiendra-t-il son niveau de l’Euro ?

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Pas beaucoup plus avancé

Un an plus tard, la plupart de ces questions demeurent. L’équipe de France est allée gagner en Italie en septembre (3-1), aux Pays-Bas en octobre (1-0) et a battu l’Angleterre en juin (3-2), mais elle s’est inclinée une nouvelle fois à domicile contre l’Espagne en mars (0-2) comme en 2010 et en 2013. Elle a surtout perdu le match qu’il ne fallait pas perdre, à Solna contre la Suède en juin (1-2), avec encore une grosse erreur défensive, comme en 2014 contre l’Allemagne à Rio ou en 2016 face au Portugal.

Contre des adversaires de moindre calibre, elle n’a pioché qu’en Biélorussie en septembre (0-0) et n’a pas été inquiétée contre la Bulgarie (4-1), le Luxembourg (3-1) ou en amical contre un faible Paraguay (5-0). Elle a été stérile face à la Côte d’Ivoire en novembre (0-0) après avoir beaucoup souffert face à la Suède (2-1).

Au total, sur onze rencontres, elle en a gagné sept, pour deux nuls et deux défaites. Curieusement, le bilan en compétition (quatre victoires, un nul et une défaite) est quasiment identique à celui des matches amicaux (trois gagnés, un nul, un perdu).

Dix nouveaux, dont deux titulaires

Sur le débat concernant le fond de jeu, l’impression d’ensemble est que les Bleus n’ont pas avancé. A leur décharge, Paul Pogba a été sur courant alternatif cette saison, alors qu’Antoine Griezmann a clairement marqué le pas, tout comme Blaise Matuidi ou Dimitri Payet. Dans le groupe des cadres, les satisfactions viennent de Laurent Koscielny, d’Olivier Giroud et dans une certaine mesure d’Hugo Lloris, si on considère son erreur fatale contre la Suède comme un accident.

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Le brassage permanent imposé au groupe par le sélectionneur — dix nouveaux joueurs cette saison — a forcément impacté les automatismes et le fond de jeu. Pour l’heure, deux de ces dix débutants se sont faits une place de titulaire : Benjamin Mendy et Djibril Sidibé, les deux latéraux monégasques. Ousmane Dembélé, Kylian Mbappé et Thomas Lemar n’en sont pas très loin. Tiémoué Bakayoko, Sébastien Corchia, Benoît Costil, Corentin Tolisso et Florian Thauvin et Adrien Rabiot n’ont fait que passer.

L’éclosion stratosphérique de Mbappé est évidemment une bonne nouvelle, mais pour Dembélé et lui, le plus dur commence. Les cas de Kingsley Coman et Anthony Martial, arrivés à l’automne 2015, remplaçants à l’Euro et sortis du groupe depuis, sont là pour le leur rappeler.

Kanté et Lemar pour redynamiser le milieu ?

C’est pourtant moins en attaque — où Alexandre Lacazette peine toujours à se faire une place, que Kevin Gameiro semble avoir perdue — qu’au milieu que des choix clairs devront être faits. L’option classique et prudente Matuidi-Pogba-Sissoko a failli à Solna contre la Suède, alors que Kanté a apporté clairement quelque chose face à l’Angleterre (mais pas contre l’Espagne en mars, associé à Rabiot). Deschamps fera-t-il le choix d’écarter Matuidi et de donner les clés à la sentinelle de Chelsea ? Titularisera-t-il Thomas Lemar ? Mettra-t-il Pogba en concurrence avec Rabiot ?

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Si les Bleus veulent éviter un barrage à hauts risques [1], ils n’ont pas le choix : il faut remporter les quatre matches à venir contre les Pays-Bas (31 août), le Luxembourg (3 septembre), la Bulgarie (octobre) et la Biélorussie (octobre). Et croiser les doigts pour que la Suède laisse au moins deux points en route.

Les précédents : Hidalgo en 1981 et Domenech en 2009

Depuis la mise en place du sélectionneur unique (1964), Didier Deschamps n’est que le troisième à entamer une sixième saison à la tête des Bleus. Avant lui, Michel Hidalgo à l’été 1981 et Raymond Domenech en août 2009 allaient vivre une année très chahutée avec cependant des issues diamétralement opposées.

Pour le premier, 1981-82 démarre au plus mal, dans la continuité d’une saison 1980-81 déjà mauvaise (quatre matches perdus contre la RFA, l’Espagne, les Pays-Bas et le Brésil). Défaite en amical en août contre Stuttgart (1-3, sifflets pour Platini), défaite à Bruxelles contre la Belgique (0-2) en septembre, défaite à Dublin contre l’Eire (2-3) en octobre, ces deux dernières hypothéquant largement la qualification en coupe du monde. Tout se joue en novembre contre les Pays-Bas. Hidalgo réussit son coup de poker (2-0) et relance complètement les Bleus qui battent ensuite Chypre (4-0), l’Italie en amical en février (2-0) et atteignent les demi-finales du Mundial espagnol.

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Pour le deuxième, le supplice continue. Après une victoire très laborieuse aux Féroé en août (1-0), les Bleus enchaînent deux nuls contre la Roumanie et en Serbie (1-1) en septembre. Les deux victoires contre les Féroé (5-0) et l’Autriche (3-1) en octobre ne suffisent pas pour éviter les barrages. A Dublin contre l’Irlande, les Bleus semblent avoir pris un avantage décisif (1-0), mais le retour est complètement raté. La main de Henry sur le but de Gallas qualifie les Bleus (1-1) mais c’est une victoire à la Pyrrhus. Entre mars et juin 2010, l’équipe de France va gagner un seul match (Costa Rica), faire deux nuls (Tunisie, Uruguay) et perdre quatre fois (Espagne, Chine, Mexique et Afrique du Sud).

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[1Qui serait le troisième consécutif pour accéder à une Coupe du monde après l’Irlande en 2009 et l’Ukraine en 2013.



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