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Domenech blues, saison 5

Publié le 6 juin 2009, mis à jour le 26 juillet 2016

Avec la victoire de l’équipe de France sur la Turquie (1-0) s’achève la cinquième saison de Raymond Domenech comme sélection. Jeu, joueurs, stratégie, résultats : ce qu’il faut retenir avant la dernière ligne droite pour l’Afrique du sud.

Pour Henri Michel, Michel Platini ou Roger Lemerre, il n’y a pas eu de saison 5. En poste depuis juillet 2004, Raymond Domenech a déjà fait mieux, rayon longévité, que Aimé Jacquet (en poste de décembre 1993 à juillet 1998, soit 55 mois et 53 matches disputés). Il va maintenant s’attaquer au record de matches passés sur le banc, détenu par Michel Hidalgo (75 matches de mars 1976 à juin 1984). Domenech en compte 65 en bientôt cinq ans, bénéficiant de l’augmentation notable du nombre de matches internationaux depuis la fin des années 90. Mais pour atteindre puis dépasser les 75 matches, il lui faudra en diriger encore au moins dix, ce qui passe obligatoirement par une qualification pour l’Afrique du Sud.

A quoi ressemble cette saison cinq de la série à rebondissement, Domenech blues ? Avec six victoires, deux nuls et trois défaites, quatorze buts marqués et douze buts encaissés, le bilan est moyen. Plutôt encourageant si on se réfère au naufrage de l’Euro 2008, plutôt inquiétant si l’on songe que cette équipe a chuté contre l’Autriche et le Nigéria, et a nettement perdu la seule rencontre l’ayant opposé à un candidat au titre mondial l’an prochain (Argentine).

Un temps de passage suffisant

Pour être pertinent, le bilan peut être découpé en plusieurs rondelles : tout d’abord les matches qui comptent (éliminatoires de la coupe du monde) et ceux pour lesquels le résultat est anecdotique (les rencontres amicales). A mi-distance entre Vienne et Johannesbourg, les Bleus ont gagné trois de leurs matches qualificatifs (Serbie et Lituanie deux fois), ramené un nul (de Roumanie) et perdu une fois (en Autriche).

Dix points en cinq matches, c’est un temps de passage suffisant pour être au moins deuxième (et avoir droit à disputer un barrage en novembre), pas pour s’installer à la première place. Seule une série de cinq victoires d’affilée (Féroé deux fois, en Serbie, contre la Roumanie et l’Autriche à domicile) garantirait à coup sûr une qualification directe.

La seule vraie contre-performance jusqu’à présent réside dans la défaite à Vienne (1-3) contre des Autrichiens loin d’avoir inventé l’eau chaude. Pour l’instant, on voit assez mal comment rattraper cette défaite par une victoire en septembre en Serbie, mais le coup est encore jouable.

Des matches amicaux inquiétants

Le problème, c’est que les matches amicaux sont loin d’avoir rassuré : après un départ encourageant à Stockholm (3-2) et un résultat correct contre la Tunisie (3-1), les Bleus ont troqué leurs bonnes résolutions offensives contre une plus grande rigueur derrière : 0-0 contre l’Uruguay, 0-2 contre l’Argentine, 0-1 contre le Nigéria et 1-0 contre la Turquie. A chaque fois, l’équipe a semblé assez peu concernée par la question (hormis sans doute la première période contre l’Argentine), peu aidée il est vrai par une rotation de joueurs impressionnante.

Depuis août 2008, Raymond Domenech a en effet lancé dans le grand bain l’équivalent de presqu’une équipe entière : Hugo Lloris dans les cages, Gaël Clichy et Rod Fanni dans les couloirs de la défense, Yoann Gourcuff, Jimmy Briand et Loïc Rémy au milieu, Florent Sinama-Pongolle, Steve Savidan et André-Pierre Gignac en pointe. Neuf essais en onze rencontres, auxquels on pourrait ajouter Stève Mandanda (une mi-temps jouée avant l’Euro), voire Mathieu Flamini (même chose, plus une dizaine de minutes fin 2007). Parmi eux, on peut considérer que Savidan et Sinama-Pongolle n’ont fait que passer, alors que André-Pierre Gignac semble s’être fait sa place (malgré son inefficacité pour l’instant). La seule trouvaille du lot, comparable à l’arrivée de Franck Ribéry en 2006 par son impact sur l’équipe, c’est bien entendu Yoann Gourcuff qui a joué tous les matches de la saison, s’imposant comme titulaire indiscutable dès sa troisième sélection.

Le premier qui marque a gagné

Maintenu à la tête des Bleus après l’Euro sous réserve de changer sa communication et de s’orienter vers un jeu plus offensif, Raymond Domenech a visiblement fait des efforts sur le premier point, mais il n’a pas beaucoup avancé sur le second. Au contraire, puisque les résultats depuis fin 2008 sont dans la droite ligne de ceux d’avant l’Euro (Espagne 0-1, Angleterre 1-0, Equateur 2-0, Paraguay 0-0, Colombie 1-0) : scores minimalistes, le premier qui marque assurant la victoire.

En conclusion, les deux derniers matches amicaux, au-delà des résultats stricts, auront sans doute permis de dégager quelques orientations dans la construction d’une liste de 23 joueurs pour 2010 : si le trio de gardiens devrait être Mandanda-Lloris-Carrasso les retours de Gallas et dans une moindre mesure de Clichy devraient écarter Escudé et peut-être Evra. Au milieu, Si Vieira perd sa place, les deux Diarra, Toulalan et Diaby semblent les mieux placés. Côté offensif, Gourcuff et Ribéry sont partants certains, les deux autres places se jouant entre Govou, Briand, Malouda et Ben Arfa, voire Rémy. Les quatre postes d’attaquants semblent dévolus à Henry, Anelka et Benzema, Gignac devant faire le quatrième.



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