Doyens et benjamins, portraits croisés

Publié le 17 mai 2014, mis à jour le 14 mars 2015

Entre Lucas Digne et Mickaël Landreau, il y a plus de quatorze ans d’écart. C’est presque un maximum chez les Bleus en coupe du monde. De Pinel à Gallas en passant par Trezeguet et Giresse, voici l’histoire des benjamins et des doyens depuis 1930.

Depuis 1930, 218 joueurs ont été appelés à participer à une des quatorze phases finales de coupe du monde (en comptant les dix nouveaux de 2014). Pour chaque édition, il y a un benjamin et un doyen. Intéressons-nous à ces trajectoires extrêmes : d’un côté un joueur d’environ vingt et un ans comptant une poignée de sélections et qui vient pour apprendre, de l’autre un vieux briscard autour de trente-quatre ans, parfois titulaire, souvent remplaçant, qui vit les derniers jours de sa carrière internationale.

Les profils des deux catégories sont évidemment très différents : les benjamins sont plutôt des milieux (3) et des attaquants (6), exceptionnellement des gardiens (deux). Les doyens sont des défenseurs (6) et des gardiens (3) pour la plupart. L’année 2010 est riche en particularismes : le benjamin est un gardien, Hugo Lloris, le doyen est le seul attaquant de pointe dans cette catégorie (Henry), et il est accompagné par un autre doyen à la date de naissance similaire (Gallas). Il faut croire que cet alignement de conjonctures n’est pas des plus favorables.

A l’inverse, c’est quand l’écart d’âge a été le plus grand (14 ans, 6 mois et 8 jours) que les Bleus ont gagné leur seule coupe du monde : en 1998, David Trezeguet jouait le rôle du benjamin et Bernard Lama celui du doyen. Les deux autres fois où l’écart est supérieur à 14 ans, c’est en 1982 (intéressant) et en... 2014. Tirez-en les conclusions que vous voulez !

JPEG - 79.1 ko

2014 : de Digne à Landreau,
14 ans, 2 mois et 6 jours

PNG - 44.6 koDernier arrivé avec Antoine Griezmann, Lucas Digne a la particularité de n’être pas titulaire au PSG. Il ne devrait pas l’être non plus en équipe de France, mais attention : en 1996, Thuram et Lizarazu avaient débuté l’Euro sur le banc avant de s’imposer sur les côtés.
 

PNG - 55 koLe Bastiais l’a annoncé : à 35 ans, il va mettre un terme à sa carrière. Comme Zidane en 2006 (où il était déjà troisième gardien derrière Barthez et Coupet), il va la terminer en apothéose, même s’il ne jouera pas. Ce n’est d’ailleurs pas son objectif.
 

 

2010 : de Lloris à Henry,
9 ans, 4 mois et 9 jours

PNG - 40.4 koC’est le deuxième gardien côté benjamin, après Darui. Et s’il ne fait pas une grande coupe du monde, Hugo Lloris n’est pas ridicule lors des deux premiers matches. C’est franchement moins bon contre l’Afrique du Sud, mais l’affaire était déjà pliée à ce moment-là. Lui, au moins, sait qu’il aura d’autres occasions de briller plus tard.

PNG - 56.2 koCe tournoi, Thierry Henry n’aurait pas dû le jouer. Et d’ailleurs, il ne l’a pas vraiment joué, errant moins d’une heure sur les pelouses sud-africaines dans une équipe en perdition. Sa main contre l’Irlande huit mois plus tôt et son état de forme très limite auront complètement gâché sa sortie internationale.

PNG - 56.4 koEn 2010, il y avait deux doyens pour le prix d’un. Et à la vérité, si William Gallas a joué les trois matches en entier, ce n’est pas pour justifier des performances exceptionnelles. Correcte contre l’Uruguay, son association avec Abidal coule en deuxième période face au Mexique et celle avec Squillaci ne fait pas mieux contre l’Afrique du Sud.

 

2006 : de Ribéry à Barthez,
11 ans, 10 mois et 11 jours

PNG - 47.3 koRibéry, c’est le coup de poker de Domenech, avec Pascal Chimbonda mais en plus fiable. Parti comme remplaçant de Wiltord, il lui prend sa place dès le début du tournoi et ne la lui laissera que contre la Corée du Sud. Son culot et ses capacités de percussion apportent beaucoup aux Bleus, même s’il manque de précision en finale contre l’Italie.

PNG - 56 koC’est sur sa réputation que Barthez gagne sa place de titulaire en Allemagne devant Coupet qui s’y voyait déjà. Pourtant, hormis un placement hasardeux contre la Corée du Sud, Barthez réalise un très bon tournoi. On ne peut décemment pas lui reprocher de n’avoir pas sorti de tir au but, alors qu’il venait de récupérer le brassard de capitaine après l’expulsion de Zidane.
 

2002 : de Cissé à Lebœuf,
13 ans, 6 mois et 21 jours

PNG - 48.3 koRoger Lemerre a été échaudé par ses nombreux essais en 2001, du coup Djibril Cissé est le seul nouveau de l’année 2002. Meilleur buteur du championnat de France, il est cependant barré par Henry et Trezeguet, et ne joue que des bouts de matches contre le Sénégal et l’Uruguay. Il remplace Dugarry pendant les 35 dernières minutes contre le Danemark, sans réussite.

PNG - 56.6 koPartir à la conquête d’un deuxième titre mondial avec une charnière centrale de 34 ans de moyenne d’âge, c’était un pari risqué. Le duo Lebœuf-Desailly plonge contre le Sénégal et se disloque après la sortie sur blessure de Franckie contre l’Uruguay après un quart d’heure de jeu. La finale contre le Brésil semble alors bien loin.

 

1998 : de Trezeguet à Lama,
14 ans, 6 mois et 8 jours

PNG - 51.4 koOn se souviendra de Trezeguet pour son but contre l’Arabie saoudite, le pénalty provoqué face au Danemark, sa passe décisive pour Blanc contre le Paraguay et son tir au but réussi contre l’Italie. Et pour ses larmes sur le banc de touche contre le Brésil. Larmes d’émotion ou larmes de dépit alors que la défense auriverde menait une opération portes ouvertes ? On ne le sait toujours pas.

PNG - 55.2 koTitulaire à l’Euro anglais, Bernard Lama perd sa place suite à une suspension pour consommation de cannabis. Barthez s’est engouffré dans la brèche et pris sa place de titulaire. Du coup, Lama boude et refuse d’être aligné contre le Danemark au premier tour. Il sera champion du monde sans avoir joué. C’est le plus vieux joueur français à avoir été aligné en coupe du monde.

 

1986 : de Papin à Giresse,
11 ans, 3 mois et 3 jours

PNG - 47 koPapin est le lapin sorti du chapeau d’Henri Michel. Titulaire contre le Canada, le futur marseillais rate tout ce qu’il tente mais finit par marquer sur un coup de billard. Il est débute contre l’URSS et la Hongrie, puis il perd sa place au profit de Rocheteau. On ne le verra plus que face à la Belgique, où il marquera à nouveau. Dommage : face à la RFA en demi, il aurait sans doute pu apporter quelque chose.

PNG - 54.4 koLui qui avait été si brillant en 1982 et 1984 est clairement au bout du rouleau en cet été 1986. Giresse va sur ses 34 ans et s’il réussit quelques fulgurances au premier tour contre l’URSS, il commence à coincer contre l’Italie, est dépassé contre le Brésil et complètement carbonisé contre la RFA. Mais ses remplaçants, Jean-Marc Ferreri et Philippe Vercruysse, ne le feront pas oublier, ni au Mundial, ni après.

 

1982 : de Bellone à Baratelli,
14 ans, 2 mois et 18 jours

PNG - 49.6 koOn se souvient des vingt ans de Manuel Amoros à Séville, mais pas de ceux de Bruno Bellone. Il est vrai que le gaucher monégasque surnommé Lucky Luke n’est jamais aligné en Espagne, sauf lors du match de classement contre la Pologne. On aurait bien aimé le voir rentrer en prolongations contre la RFA à Séville, mais il n’était pas sur le banc et Hidalgo avait déjà utilisé ses deux remplaçants.

PNG - 55.9 koAvant l’Espagne, c’est Baratelli qui semblait tenir la corde pour garder les cages françaises. Puis Ettori est arrivé et a relégué le gardien du PSG en troisième position. Du coup, il sera le seul à ne pas jouer une seule minute, alors que Castaneda sera aligné contre la Pologne. Vu les performances d’Ettori, on comprend ses regrets.

 

1978 : de Battiston à Guillou,
11 ans, 2 mois et 23 jours

PNG - 48.5 koAu sein d’une sélection jeune et inexpérimentée (la dernière phase finale remonte à 1966 !), Battiston joue le match décisif contre l’Argentine à Buenos Aires, sans démériter d’ailleurs. Il ne sera toujours pas titulaire en 1982 mais entrera dans l’histoire pour dix petites minutes à Séville. Il formera avec Bossis une charnière centrale quasi infranchissable en 1986.

PNG - 55.6 koJean-Marc Guillou, meneur de jeu très technique, n’a jamais vraiment eu sa chance avec les Bleus. La convocation de Michel Hidalgo, qui l’a rappelé lors du match décisif contre la Bulgarie en novembre, ressemble plutôt à une récompense pour services rendus. Il joue le premier match contre l’Italie mais pas le deuxième où Bathenay, plus jeune, le remplace.
 

Et avant, c’était comment ?
De 1930 à 1966

En Uruguay en 1930, c’est le milieu Marcel Pinel (22 ans et 5 jours) le benjamin, le plus ancien étant le gardien remplaçant André Tassin. Ce dernier est le plus jeune des doyens français en coupe du monde : 28 ans, 4 mois et 20 jours

En Italie en 1934, le plus jeune est le défenseur Louis Gabrillargues, le seul à participer à une coupe du monde avant ses vingt ans (19 ans, 11 mois et 11 jours), le plus âgé étant le défenseur Jacques Mairesse (30 ans, 3 mois).

En France en 1938, le benjamin est le gardien Julien Darui, le plus jeune à ce poste (22 ans, 3 mois, 20 jours). Le doyen cette année-là est le défenseur Etienne Mattler (32 ans, 5 mois et 11 jours).

En Suisse en 1954, c’est le milieu Michel Leblond le plus jeune (22 ans, 2 mois et 6 jours) tandis que le défenseur Roger Marche est le plus ancien (30 ans, 3 mois et 11 jours).

En Suède en 1958, l’attaquant Maryan Wisnieski est le benjamin (21 ans, 4 mois et 7 jours) et c’est encore Roger Marche qui fait office de doyen (34 ans, 3 mois et 3 jours). C’est la seule fois qu’un joueur est doyen lors de deux phases finales !

Enfin, en 1966 en Angleterre, le plus jeune est le milieu Yves Herbet (20 ans, 10 mois et 26 jours) et le plus ancien est le milieu Lucien Muller (31 ans, 10 mois et 10 jours).

A paraître le 2 novembre

Dernier livre paru

Sites partenaires


Stats sur l'équipe de France


Base de données mondiale


Matches en intégralité