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Il fallait y croire

Publié le 19 novembre 2013, mis à jour le 5 mai 2015

PNG - 20.3 koAu terme d’un match terrible d’intensité, l’équipe de France a renversé la table et gagné de haute lutte son billet pour le Brésil (3-0). Les changements opérés entre l’aller et le retour se sont avérés gagnants.

Le résultat était-il prévisible ?

Bien sûr, la victoire paraissait possible, et la qualification n’était pas une hypothèse irréaliste. Mais il était permis de douter qu’une équipe aussi peu réactive à l’aller se transforme subitement en machine de guerre quatre jours plus tard, surtout face à une sélection aussi compacte et organisée que l’Ukraine. Finalement, l’état d’esprit était là, la maîtrise des nerfs aussi, et les qualités techniques aperçues lors des précédents matches à domicile sont revenues au bon moment — avec il est vrai les joueurs pour ça.

Bizarrement, c’est quand ils se sont retrouvés à dix que les Ukrainiens ont été les meilleurs, aussi bien pour bloquer les attaques françaises que pour créer le danger devant. Bravo à eux pour s’être battus jusqu’au bout. Ils peuvent d’ailleurs regretter longtemps le ballon de 3-0 vendangé dans les dernières minutes du match aller…

L’équipe est-elle en progrès ?

Il était difficile de reproduire une performance aussi frustrante que celle de Kiev. Mais à Saint-Denis, l’équipe de France rajeunie par le retour de Sakho et Varane et le très gros match de Pogba a mis l’intensité et la détermination qui avaient donné la victoire aux Ukrainiens vendredi. La technique en plus : en jouant à une touche de balle et en première intention, Debuchy, Pogba, Cabaye, Valbuena et Benzema ont ouvert des brèches sur le flanc droit de l’attaque.

Les trois derniers n’étaient pas titulaires à Kiev : ils sont pour beaucoup dans le saut qualitatif entre l’aller et le retour. C’est ce genre de match, bien plus que le sulfureux France-Irlande de 2009, qui peut servir de ciment à une équipe. C’est désormais le match référence de l’ère Deschamps.

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Quels joueurs sortent de ce match renforcés ?

S’il n’a pas été souvent sollicité, Hugo Lloris a quand même été très rassurant, notamment dans le dernier quart d’heure quand les Ukrainiens mettaient la pression sur son but. Il a été sauvé en toute fin de première mi-temps par Debuchy, auteur d’une grosse prestation un peu atténuée par un jaune très évitable.

L’un des touts meilleurs du match, sinon le meilleur, a été Mamadou Sakho. Opportuniste sur le premier but, si important, décisif derrière, animé d’une détermination à toute épreuve, malin sur son deuxième qu’il marque du genou, il aura tout fait. Et entre autre, il aura fait oublier Abidal dont il n’est pas sûr qu’on le revoie un jour en bleu.

Au milieu, Yohan Cabaye est aussi à créditer d’une grosse prestation, aussi bien dans l’impact physique que dans la technique. Il aurait mérité de marquer sur une de ses frappes de la deuxième mi-temps. Paul Pogba a été impressionnant de sang-froid et de puissance, rappelant le Patrick Vieira des grands jours. S’il y en a un à qui il faut confier d’urgence les clés de la maison, c’est bien lui ! Quant à Mathieu Valbuena, il a signé un de ses meilleurs matches en Bleu, faisant complètement oublier un Samir Nasri transparent. Ses coups de pied arrêtés ont été précieux, c’est lui qui amène le premier but et qui a fait souffrir la défense ukrainienne.

Enfin, pas grand monde n’aurait misé sur Karim Benzema tant sa rentrée à Kiev avait été quelconque. Là, il a marqué deux fois, et tant pis si le but accordé n’était pas le bon. Il a joué juste, n’a pas cherché exagérément à jouer avec Ribéry (heureusement, d’ailleurs) et a toujours eu le souci d’accélérer et de porter le danger devant le but.

Quels joueurs sortent de ce match affaiblis ?

Difficile de sortir un joueur un peu moins bon au terme d’un match aussi plein. Blaise Matuidi n’a pas toujours semblé au mieux entre Cabaye et Pogba, mais le Bleu le moins convaincant aura été celui qui est a priori le plus doué, à savoir Franck Ribéry. Pas inspiré, portant trop le ballon, manquant de vision du jeu, le Munichois ne s’est illustré que sur sa superbe frappe qui amène le but de Sakho, et par un centre long repris par Benzema mais refusé à tort pour une position de hors-jeu. Le reste a été brouillon, confus, maladroit, comme sa frappe dans les nuages à dix minutes de la fin.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Il n’arrivera pas avant le 5 mars, pour un amical prometteur contre les Pays-Bas à domicile. D’ici là, les Bleus vont avoir le temps de digérer ce barrage en forme de montagnes russes, et le sélectionneur va pouvoir réfléchir à sa liste des 23. Parions qu’à trois ou quatre unités près (Abidal ? Nasri ? Clichy ? Payet ?), elle ne devrait pas être éloignée du groupe appelé pour le dernier match de l’année. Avant, il y aura le tirage au sort des groupes de la coupe du monde, le 6 décembre. Vu là d’où on vient, on ne fera pas la fine bouche.



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