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La der d’Eder

Publié le 11 juillet 2016, mis à jour le 11 décembre 2016

PNG - 21.7 koDans une finale qu’ils ont globalement ratée, les Bleus ont laissé filer un troisième titre de champion d’Europe à onze minutes de la fin des prolongations (0-1). C’était le match de trop face à des Portugais courageux après la sortie de Ronaldo.

Le résultat était-il prévisible ?

A l’Euro 2016, ce Portugal-là, aussi sexy qu’un secrétaire général de sous-préfecture, était imbattable à défaut d’être brillant. Trois nuls en phase de poule, une victoire en prolongations en huitièmes, une qualification aux tirs au but en quart : autant dire qu’il valait mieux plier l’affaire dans le temps réglementaire. Les prolongations étaient prévisibles, mais ce qui ne l’était pas, c’est la sortie de Cristiano Ronaldo, décidément malchanceux contre les Bleus, dès la 25e minute. Et ce qui l’était encore moins, c’est que cette sortie allait faire perdre le fil du match à une équipe de France plutôt conquérante jusque là. Une fois les prolongations entamées, il était logique que les Bleus, avec un jour de récupération en moins depuis la demi-finale — foutu calendrier élaboré pour la télévision — finissent sur la jante.

Enfin, si le sélectionneur était réputé pour avoir une chance de cocu (premier tout facile, l’Irlande et l’Islande en huitièmes et en quart, une Allemagne diminuée par les blessures et les suspensions en demi), il était certain que ça allait tourner un jour. La blessure de Cristiano Ronaldo a pu laisser croire un instant que ce ne serait pas pour cette fois. Mais le tir de Gignac repoussé par le poteau dans le temps additionnel a prouvé le contraire.

L’équipe est-elle en progrès ?

C’est une constante depuis le début de l’Euro : les Bleus ne savent que faire de la possession, et manquent singulièrement de mouvement et de vitesse sur des attaques placées. Un comble quand on dispose, avec Payet et Griezmann, voire Coman et Martial, d’arguments offensifs aussi conséquents. Face à des Portugais partisans du moindre risque et encore plus regroupés derrière après la sortie de Ronaldo, l’équipe de France a tourné en rond pendant presque tout le match, hormis quelques percussions de Moussa Sissoko ou quelques éclairs d’Antoine Griezmann, sans réussite. Plus le temps passait, plus les idées se faisaient rares, jusqu’à ce dernier quart d’heure de prolongation fatal où les Portugais ont pris le match en mains et ne l’ont plus lâché.

Quels sont les joueurs en vue ?

Moussa Sissoko a réussi sont meilleur match du tournoi. Le milieu de Newcastle a posé des problèmes considérables aux Portugais avec ses offensives rectilignes et sa science des grands ponts qu’il exécute lancé comme une locomotive. Sa frappe tendue repoussée par Rui Patricio à la 84e minute aurait mérité mieux. Son abattage et sa volonté d’aller de l’avant ont porté les Bleus pendant toute la finale.

Antoine Griezmann a fait encore un bon début de match avant de s’éteindre petit à petit, à bout de forces. Il s’est créé plusieurs occasions franches, dont une splendide tête lobée sortie par Rui Patricio à la 10e et une autre à la 66e au-dessus.

Laurent Koscielny s’est battu avec acharnement tout le long du match, même s’il a fini blessé et diminué physiquement. Lui aussi aura fait un grand tournoi avec deux partenaires différents en charnière centrale. Patrice Evra aura réussi sa finale, profitant du désert portugais dans son couloir pour attaquer très souvent et proposer des solutions de débordements et de centres.

Avec sa rentrée pleine de fraîcheur, Kingsley Coman a donné des regrets à tous ceux qui auraient aimé le voir titulaire pour cette finale. Il fait évidemment partie de la génération montante à qui il aura manqué un peu de bouteille cette année.

Enfin, Hugo Lloris a encore sorti le grand jeu à la 80e avec une double parade sur un centre de Nani suivi d’un retourné de Quaresma. Il était battu sur le coup-franc de Guerrero (108e) et a tardé à se coucher sur le tir victorieux d’Eder (109e).

Quels sont les joueurs en retrait ?

Après un bon début de match et un centre sur la tête de Griezmann, Dimitri Payet a perdu beaucoup de ballons et n’a jamais été décisif, comme face à l’Allemagne. Il finit le tournoi beaucoup moins bien qu’il ne l’avait commencé. Blaise Matuidi n’a pas été non plus décisif côté gauche, alors que Paul Pogba n’a pas assez accéléré le jeu depuis sa position de premier relanceur. Enfin, Olivier Giroud ne s’est créé qu’une seule vraie occasion, un tir croisé du gauche depuis l’angle de la surface sorti par Rui Patricio (75e). Pour lui aussi le tournoi a été un peu trop long.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Les Bleus reprendront le chemin des pelouses dans cinquante-deux jours, le 1er septembre à Bari contre une Italie qui aurait pu être leur adversaire en demi-finale. Ce sera une rencontre amicale, et juste après il y aura un déplacement en Biélorussie pour la qualification au Mondial 2018. Avec les retours de Varane, Sakho, Lassana Diarra et peut-être Fekir et Ben Arfa, l’équipe de France ne sera certainement pas moins forte que celle de l’Euro. On attendra de sa part plus de régularité dans ses performances et une plus grande maîtrise dans l’entrejeu.



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