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Laurent Blanc, ça lui fait une belle jambe

Publié le 3 juin 2008, mis à jour le 19 août 2010

Les carnets de l’archiviste sur le site des cahiers du football. Les scores nuls et vierges, les France-Paraguay de naguère, l’accélération du calendrier qui a propulsé les Bleus vers leur 700e apparition... Revisitons le match en remontant le temps.

Du hockey sur glace au jeu d’échecs
Ce France-Paraguay de Toulouse n’est que le troisième de l’histoire des Bleus. Les deux premiers, curieusement, ont eu lieu en phase finale de Coupe du monde, (une année finissant par 8, pour les fétichistes et les Chinois) et chacun d’eux a une histoire.

Un carton suédois
Le premier date du 8 juin 1958 à Norrköping en Suède. Il s’agit du premier match de la Coupe du monde, et il va donner lieu au plus gros score des Bleus dans l’histoire de cette compétition : 7 à 3, un score de hockey sur glace avec un triplé de Just Fontaine et des buts de Roger Piantoni, Maryan Wisnieski, Raymond Kopa et Jean Vincent, autrement dit toute la ligne d’attaque (qui rentrerait à peine dans la liste des 23 aujourd’hui).

Mais le résultat est trompeur : les Paraguayens ont ouvert le score à la 21e minute et ont mené 3-2 à la 50e, après que les Bleus eurent repris l’avantage peu avant la mi-temps. Il a fallu attendre l’heure de jeu pour que l’équipe de France se détache franchement (trois buts en huit minutes) après l’égalisation éclair de Piantoni, sur le centre qui suivit le troisième but paraguayen.

Dix buts en un seul match en Coupe du monde : seuls les Autrichiens et les Suisses (tiens) ont fait mieux (7-5, 1954) ainsi que les Brésiliens et les Polonais (6-5, 1938), les Hongrois et les Allemands (8-3, 1954), et plus récemment les Hongrois encore et les Salvadoriens en 1982 (10-1).

Une mise en boîte lensoise
Le deuxième est beaucoup plus serré, comme un faux jumeau du match de Toulouse. Le 28 juin 1998 à Lens, les Bleus jouent gros pour leur premier match couperet après un premier tour tranquille. Une élimination contre le Paraguay, qui a tout de même sorti la Bulgarie et l’Espagne, serait vécue comme une catastrophe. Les Sud-américains ne sont pas transcendants devant, mais ils se défendent avec la dernière énergie. Les Bleus, qui restaient sur deux 0-0 en match à élimination directe contre les Pays-Bas et la République tchèque en 1996, viennent buter sur les cages de José Luis Chilavert, un gardien nourri à la testostérone qui ferait passer le duo Antonetti-Anigo pour Simon et Garfunkel.

En première mi-temps, les occasions se multiplient, mais rien ne rentre : tirs de Trezeguet et de Djorkaeff à ras du poteau, tir de Henry repoussé par le montant, arrêt de Chilavert sur une frappe de Diomède. Plus le temps passe, plus l’angoisse monte, d’autant que les Guaranis se montrent dangereux en contre. Quand vient la prolongation, la prise de risque est maximale côté français : un but en or permettrait d’en finir avant les tirs au but que Chilavert attend avec gourmandise.

À six minutes de la fin, Laurent Blanc campe dans la surface adverse, alors que Desailly le supplie de se replier. Le dénouement est célèbre : centre de Pires, remise smashée de la tête de Trezeguet et frappe du tibia de Blanc aux six mètres. C’est son seul but en Coupe du monde, le premier et dernier but en or des Bleus dans cette compétition.

La huitième tête à Toto
France-Paraguay est le huitième 0-0 de Raymond Domenech. Il fait suite à ceux contre l’Italie (septembre 2007), la Suisse (juin 2006), l’Allemagne (novembre 2005), la Suisse encore (mars 2005), la Pologne (novembre 2004), l’Eire (octobre 2004) et Israël (septembre 2004). Si le rythme du début s’est considérablement ralenti, il n’empêche que les Bleus version Domenech finissent souvent bredouilles (8 fois sur 50).

Avec Santini, il n’y avait eu que deux « nul et vierge » (Pays-Bas et Brésil au printemps 2004) en 28 matches. Avec Michel Platini, il y en a eu quatre (en 29 matches). Roger Lemerre, qui a dirigé 53 rencontres, en compte cinq, comme Henri Michel (en 36 matches) et Michel Hidalgo (en 75 matches). Seul Aimé Jacquet a fait mieux, avec neuf 0-0 en 53 matches (dont trois se sont finis aux tirs au but). Attention au premier tour de l’Euro : les derniers matches des Bleus contre les Pays-Bas et l’Italie ont fini comme ils avaient commencé…

7-0-0, demain ne meurt jamais (et il arrive plus vite)
À Toulouse, les Bleus ont bouclé leur sept centième rencontre officielle depuis le 1er mai 1904. L’occasion de mesurer l’accélération du calendrier international en regardant combien de temps sépare chaque centaine de matches.

Il faut attendre plus de 26 ans pour arriver au centième, en décembre 1930 (2-2 contre la Belgique).

Le deux centième est à peine plus rapproché malgré deux phases finales de coupe du monde (22 mai 1952, 2-1 contre la Belgique encore). Il faut dire que les six ans de guerre ont mis le football entre parenthèses.

Le trois centième arrive plus vite, au bout de 14 ans (le 5 juin 1966, 3-3 contre l’URSS), avec là aussi deux phases finales de coupe du monde disputées dans l’intervalle.

Avec le trou noir de la décennie 1966-1975, le quatre centième se fait attendre encore 14 ans de plus (19 novembre 1980, 1-4 contre la RFA).

La cadence s’accélère vraiment dans les années 80, puisqu’il ne faut plus que 11 ans et 6 mois pour jouer le cinq centième (27 mai 1992, 1-2 contre la Suisse).

Trois Euros et une Coupe du monde plus tard, les Bleus jouent pour la six centième fois le 7 octobre 2000 (0-0 contre l’Afrique du Sud). Il n’aura fallu que 8 ans et 4 mois pour y arriver.

Enfin, avec cinq phases finales (deux Coupes du monde, deux Coupes des confédérations et un Euro), les cent derniers matches ont été bouclés dans le temps record de 7 ans et 7 mois, ce 31 mai 2008.

Si l’on compare ce résultat avec celui des principales nations, il est loin des 863 matches joués par l’Angleterre (depuis 1872 tout de même). Suivent l’Argentine avec 838 matches (depuis 1901) et le Brésil (829 matches depuis 1914, mais le chiffre est sujet à polémiques). L’Allemagne (sans compter la RDA) en a joué 802 depuis 1908, et l’Uruguay 750 depuis 1902 (dont 165 contre l’Argentine, sans doute l’affiche internationale la plus fréquente de l’histoire). La France fait tout de même mieux que l’Italie (674 matches depuis 1910), les Pays-Bas (665 matches depuis 1905), l’Espagne (541 matches depuis 1920) et le Portugal (474 matches depuis 1921).

Les moyennes de matches joués par an (avec évidemment de fortes variations selon les époques) placent le Brésil en tête avec 8,8, devant l’Allemagne (8,02), l’Argentine (7,83) et l’Uruguay (7,09). La moyenne française (6,73) se situe entre l’Italie (6,87) et les Pays-Bas (6,45). Rendez-vous vers la fin 2015 pour le huit centième.



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