Tirage de l’Euro 2024 : il faudra passer à l’orange

Publié le 3 décembre 2023 - Bruno Colombari - 2

Encore les Pays-Bas ! Déjà croisés cette année en qualifications, les Néerlandais retrouveront les Bleus à l’Euro en juin 2024, en compagnie de l’Autriche et, sans doute, la Pologne ou Galles.

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Il y avait, en gros, trois épouvantails à éviter pour les Bleus dans les trois chapeaux livrant les adversaires des têtes de série de l’Euro 2024, dont le tirage a eu lieu samedi 2 décembre à Hambourg : l’Italie, championne d’Europe en titre, la Croatie, troisième de la dernière Coupe du monde et finaliste de la Ligue des Nations 2023, et les Pays-Bas, quart-finalistes mondiaux et demi-finalistes en Ligue des Nations. Les Croates et les Italiens se retrouveront dans le groupe le plus difficile de l’Euro (avec l’Espagne et l’Albanie), mais les Néerlandais retrouveront la France qui les a battus deux fois en phase qualificative en 2023 (4-0 en mars, 2-1 en octobre).

Les Pays-Bas battus sept fois sur huit depuis 2014

Depuis dix ans, seule l’Allemagne a rencontré les Bleus plus souvent (9 fois contre 8). Avec sept victoires pour une seule défaite (en novembre 2018 à Rotterdam), l’équipe de France a pris un net ascendant sur les Orange. Rappelons que les Pays-Bas ont remporté l’Euro 1988 (en Allemagne, d’ailleurs) pour leur unique finale jouée dans cette compétition, en dix participations. Mais ils n’ont calé que deux fois au premier tour, en 1980 (dans un Euro à huit) et en 2012.

L’autre adversaire connu des Bleus sera l’Autriche, croisée en 2022 en qualifications pour la Ligue des Nations. Les hommes de Didier Deschamps avaient été accrochés à Vienne en juin (1-1) puis l’avaient emporté au retour en septembre (2-0). Les Autrichiens se sont qualifiés facilement pour l’Euro dans le groupe F, ne laissant des points que face à la Belgique (2-3, 1-1). L’Autriche n’est pas un foudre de guerre à l’Euro, puisque ce sera seulement sa quatrième participation, et sa troisième qualification (co-organisateur avec la Suisse en 2008). Lors des deux premières, elle n’avait pas fait mieux qu’un huitième de finale.

Le troisième est un des quatre barragiste issus de la voie A de la Ligue des Nations, qui se départageront fin mars 2024. Ce sera donc la Pologne, Galles, la Finlande ou l’Estonie.

Pour les Bleus, le premier tour commencera le lundi 17 juin à 21h à Düsseldorf contre l’Autriche, se poursuivra le vendredi 21 juin à 21h à Leipzig face aux Pays-Bas et s’achèvera le jeudi 25 juin à 18h à Dortmund contre le barragiste.

Un tirage plus clément qu’en 2021, 2008 ou 2000

Où situer ce tirage par rapport aux neuf précédents ? Moins dur assurément que celui de 2021 (Allemagne, Portugal, Hongrie) ou que le terrible groupe de 2008 (Italie, Pays-Bas, Roumanie). Plus facile aussi que celui de 2000 (Pays-Bas, République tchèque, Danemark). Mais nettement plus relevé que celui de 2016 (Roumanie, Albanie, Suisse). Le fait de ne pas connaître le troisième adversaire change un peu la donne : l’Estonie ou la Finlande, ce n’est pas la Pologne ou Galles.

En règle générale, à l’Euro, il n’y a pas de premier tour facile, même si le passage à 24 depuis 2016 permet aux quatre meilleurs troisièmes de se qualifier. Le Portugal en avait bien profité d’ailleurs il y a sept ans.

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Les Pays-Bas sont des habitués des Bleus à l’Euro, qui les ont déjà joué trois fois : en quart de finale en 1996 (qualification aux tirs au but après un 0-0), au premier tour en 2000 (défaite 2-3 avec une équipe bis), et encore au premier tour en 2008 (pour un très cuisant 1-4 et la dernière sélection de Lilian Thuram). C’est la quatrième fois, depuis le passage à 16 équipes en phase finale (24 depuis 2016) que les Bleus retrouveront un adversaire de la phase qualificative. Les précédents étaient la Roumanie en 1996, l’Italie en 2008 et l’Albanie en 2016 [1].

L’Autriche, en revanche, est un adversaire inédit pour les Bleus à l’Euro. L’équipe de France l’a croisée deux fois en Coupe du monde, en huitième de finale en 1934 à Turin (défaite 2-3 en prolongations) et au second tour en 1982 à Madrid (victoire 1-0).

Quant aux quatre adversaires potentiels issus des barrages, trois d’entre eux n’ont jamais été rencontrés en phase finale (Galles, Finlande et Estonie). Quant à la Pologne, son cas est le même que l’Autriche : elle a croisé deux fois la route des Bleus en Coupe du monde (qu’elle a battus en 1982 3-2, avant de s’incliner en 2022 1-3). Mais jamais en phase finale d’Euro, où elle n’a participé qu’aux quatre dernières éditions.

Turquie, Belgique, Angleterre et Espagne après le premier tour ?

Ce qu’on sait déjà, c’est que même en finissant premiers, les Français seront opposés en huitièmes de finale à un deuxième, celui du groupe F (probablement la Turquie, ou la République tchèque) le 2 juillet à Leipzig. En quart de finale, on pourrait avoir droit à un France-Belgique (le 6 juillet à Berlin). La demi-finale théorique serait très relevée, contre l’Angleterre le 10 juillet à Dortmund. Et la finale le 14 juillet à Berlin proposera peut-être le Portugal ou l’Espagne, à moins que l’Allemagne n’ait éliminé les deux avant.

Pour une équipe de France championne du monde 2018, finaliste en 2022 et vainqueur de la Ligue des Nations 2021, l’objectif est évidemment la victoire, d’autant que Didier Deschamps n’a certainement pas digéré ses deux échecs dans la compétition alors que les Bleus étaient favoris aussi bien en 2016 (Portugal) qu’en 2021 (Suisse). Et jouer une finale européenne un 14 juillet serait grandiose, d’autant plus que ce serait le tout premier match des Bleus le jour de la fête nationale !

[1Les Bleus, qualifiés d’office, avaient été intégrés dans son groupe pour y jouer des rencontres amicales

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