Vendredi 13

Publié le 14 décembre 2010, mis à jour le 9 août 2017

Article initialement publié le 16 juin 2008 sur le site des Cahiers du football.

La dernière fois que les Bleus ont encaissé quatre buts, un tiers de l’équipe actuelle n’était pas né...

La tête au carré

Les Bleus n’avaient plus encaissé 4 buts en un match depuis août 1982, France-Pologne 0-4 qui avait suivi le Mundial espagnol. Ce qui représente, en un peu moins de 26 ans, 282 matches consécutifs. Et il faut remonter à 109 matches en arrière pour trouver trace de trois buts en un seul match, contre les pays-Bas, déjà, à l’Euro 2000 à Amsterdam.

Une si longue étanchéité défensive est peu commune. Parmi les grandes nations, seule l’Italie a fait mieux : la dernière fois que la Squadra azzurra a encaissé quatre buts en un seul match, c’était le 13 juin 1979 à Zagreb, contre la Yougoslavie, en amical. Safet Susic avait marqué trois buts à Conti, le remplaçant de Zoff, pour une victoire 4-1. Depuis – soit 310 matches consécutifs – , ce n’est plus arrivé.

Le Brésil n’a plus encaissé 4 buts depuis août 1999 et la Coupe des confédérations gagnée par le Mexique 4-1, il y a 143 matches de cela. Les Pays-Bas arrivent ensuite avec 96 matches sans déroute défensive. Curieusement, la dernière fois qu’ils ont encaissé plus de trois buts, ils n’ont pas perdu. C’était en septembre 1999 à Rotterdam contre la Belgique au cours d’un match nul dantesque contre la Belgique : 5-5, avec Van der Sar dans les buts et un triplé de Kluivert.

L’Espagne en est à 93 matches depuis août 2000 et une défaite en amical à Hanovre contre l’Allemagne (1-4). L’Angleterre tient bon depuis peu, une défaite 1-4 contre le Danemark à Copenhague en août 2005, comme l’Argentine, corrigée par le Brésil en finale de la dernière Coupe des confédérations en juin 2005 à Francfort (1-4). Le Portugal, enfin, a concédé un 2-4 à Brondby contre le Danemark en septembre 2006.

L’âge des 15 Bleus de l’Euro 2008 en 1982 lors de la défaite contre la Pologne

Grégory (10 ans)
Willy (5) - Lilian (10) - William (5) - Eric (3)
Claude (9) - Patrick (6)
Sidney (3) - Florent (2)
Nicolas (3) - Thierry (5)

Une belle équipe d’école maternelle, renforcée par trois grands du primaire d’à-côté. Jean-Alain, 3 ans et les deux Sébastien, 2 ans, boudent sur le banc du préau, alors que derrière le grillage, le petit Patrice, 1 an, leur fait des grimaces dans sa poussette Raid des villes.

France-Pays-Bas, finales virtuelles

Curieusement, les temps forts des sélections nationales françaises et néerlandaises se sont croisés. Les Pays-Bas ne pèsent rien au niveau international dans les années 50 au moment de la grande période Kopa-Piantoni-Fontaine-Vincent. Quand ils se révèlent comme une très grande équipe, dans les années 70, les Bleus sortent à peine de leur léthargie.

Les Oranje brillent en 1974 (finalistes de la Coupe du monde) et 1976 (demi-finaliste de la Coupe d’Europe des Nations), alors que les Bleus ne participent pas. Ils atteignent encore la finale de la Coupe du monde 78 avant de décliner pour une dizaine d’années, alors que la France domine l’Europe en 82, 84 et 86. Les Pays-Bas, emmenés par le trio Gullit-Van Basten-Rijkaard, emportent l’Euro 88, et malgré une élimination prématurée en huitièmes de finale de la Coupe du monde 90, après un match malsain contre l’Allemagne, ils sont encore là à l’Euro 92 (demi-finalistes, battus aux tirs au but par le Danemark) et au Mondial 94 (battus en quarts par le Brésil).


La malédiction des tirs au but

La période faste des Bleus ne leur portera pas chance : battus aux tirs au but en 1996 à Liverpool en quart de finale de l’Euro, après avoir nettement dominé, ils sont même passés tout près de deux finales contre la France en 1998 et en 2000. À chaque fois, ils ont été battus après les penalties, en demi contre le Brésil et l’Italie, qui allaient s’incliner en finale. Si l’on considère qu’une séance de tirs au but est une sorte de loterie, avec environ 50% de chance de l’emporter, statistiquement, les Bleus avaient trois chances sur quatre de jouer une finale contre les Pays-Bas. Il serait amusant d’imaginer ce qui serait advenu d’un dénouement Bleu-Orange en 1998 à Saint-Denis ou en 2000 à Rotterdam... La France aurait-elle réussi le doublé Coupe du monde-Euro ?

Benzema tire le mauvais numéro

Comme nous l’avions souligné le 22 mai 2006, le numéro 9 est un vrai porte-poisse en phase finale pour les Bleus qui se risquent à l’endosser. Depuis dix ans, son propriétaire n’a connu que des malheurs, des ratés, des déceptions, quand ce n’est pas une double fracture tibia-péroné avant même le début de la compétition. Guivarc’h, stérile en 1998, Anelka, éclipsé par Henry, Wiltord et Trezeguet en 2000, Cissé remplaçant dans une équipe à la dérive en 2002, Saha utilisé au compte-gouttes à l’Euro 2004, Govou jouant les derniers quarts d’heure de la Coupe du monde 2006 sauf la finale contre l’Italie (il se vengera deux mois plus tard, une fois la malédiction levée), tous peuvent en témoigner.

Quand on a vu, lors des matches de préparation, le numéro 9 dans le dos de Karim Benzema, on s’est dit que comme les meilleures, les pires choses ont une fin : le meilleur buteur du championnat de France, indiscutable dans les 23 et titulaire probable (à tel point que de nombreux observateurs s’interrogent sur qui associer au Lyonnais en attaque) allait tout casser...

Trois heures de jeu plus tard, le constat est cruel : 78 minutes médiocres dans la nasse roumaine avant d’être remplacé par Samir Nasri, et une place sur le banc pour voir les Pays-Bas donner une leçon de jeu offensif dans un match où les Bleus finissent à trois attaquants (Henry, Gomis et Anelka). De son poste d’observation, Benzema a sûrement apprécié l’opération portes ouvertes de la défense batave. En 2010, Karim, un conseil : met une option sur le 12, par exemple. Le 12, pas le 13, ça porte malheur.

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