Zidane, Materazzi et l’arbitrage vidéo, en juillet 2006

Publié le 26 octobre 2012, mis à jour le 15 août 2017

Oui, le quatrième arbitre a eu recours à la vidéo pour voir la faute de Zidane sur Materazzi, lors de la finale 2006. Et après ? Dans son journal de 13 heures, France 2 revient sur l’incident, avec une bonne dose d’hypocrisie.

Qui sait. Peut-être que dans cinquante ans, tout ce qui restera dans le flot d’images circulant sur le Net (ou sur ce qui en tiendra lieu) à propos de Zidane sera ceci : un coup de tête dans le plexus de Materazzi, un soir d’été à Berlin, devant environ un milliard de téléspectateurs. On peut espérer que non, mais c’est quand même très probable.

Regardons maintenant comment ce fait de jeu (intervenu, rappelons-le, pendant la prolongation, à dix minutes de la séance de tirs au but, alors que le score était toujours de 1-1) a été traité un peu plus de 13 heures plus tard, dans le JT de France 2.


 

L’action est montrée à plusieurs reprises, comme elle l’a été la veille, pendant les quelques dizaines de secondes de flottement entre le geste de Zidane et sa sortie du terrain. Le commentaire de Romain Messy est sans ambiguïté : certes, il y a eu indiscutablement faute, mais aucun des trois arbitres du champ ne l’a vue, pas plus que le quatrième arbitre placé à hauteur des bancs de touche. Ce n’est qu’après avoir vu les images de la télévision sur un moniteur que ce dernier a averti l’arbitre principal, qui a alors expulsé Zidane.

Conclusion ? C’est un arbitrage assisté par la vidéo, ce qui n’est pas prévu par le réglement. Et le montage de nous remontrer la tête de Vieira contre la Corée du Sud, avec le ballon qui franchit la ligne avant que le gardien ne le ressorte. Le but n’a pas été accordé. Avec l’arbitrage vidéo, il l’aurait été. Autrement dit : la vidéo, c’est bien si c’est à l’avantage des Bleus, c’est mal si ça les pénalise. Raisonnement absurde, d’autant qu’un des usages les moins contestables de la vidéo est justement de pouvoir sanctionner a posteriori une faute qui aurait échappé à l’arbitre.

Imaginons un instant le scénario suivant : les arbitres n’ayant rien vu, Zidane n’est pas sanctionné, le jeu reprend. A deux minutes de la fin, sur une ouverture de Wiltord, Zidane se présente seul devant Buffon et glisse le ballon entre les jambes du gardien italien. 2-1, la France est championne du monde. Vous voyez le tableau ?

Le coup de tête de Zidane méritait une expulsion. Rien ne dit d’ailleurs que si Zidane avait terminé le match sur le terrain, la France aurait gagné. La sortie de Vieira en début de deuxième mi-temps et l’incapacité des Bleus à se créer des occasions nettes au plus fort de leur domination a probablement pesé plus lourd qu’un fait de jeu qui ne mérite pas de passer à la postérité.

A paraître le 2 novembre

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