Ces gardiens des Bleus qui ont joué à l’étranger

Publié le 18 août 2021 - Bruno Colombari

Le numéro 3 en équipe de France, Mike Maignan, évolue désormais à l’AC Milan après avoir été champion de France avec Lille. Avant lui, six autres gardiens des Bleus ont joué dans un club étranger depuis 1998. Lesquels ?

Alors que depuis le milieu des années 1990 (et l’arrêt Bosman, qui a dérégulé le marché des transferts internationaux en Europe), le nombre de Bleus évoluant à l’étranger a explosé au point de devenir largement majoritaire, les gardiens de l’équipe de France jouant hors de l’Hexagone se comptent quasiment sur les doigts d’une main. Mike Maignan, qui vient d’être transféré de Lille à l’AC Milan, ne sera que le septième dès lors qu’il connaîtra sa deuxième sélection en Bleu [1].

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Lama le pionnier en mai 1998 avec West Ham

Il en reste donc six à avoir joué simultanément en A et dans un club étranger. Le tout premier est Bernard Lama. Le 22 avril 1998 contre la Suède, alors qu’il évolue depuis quatre mois à West Ham United, il dispute un amical d’avant Coupe du monde (0-0). Il a alors perdu sa place de titulaire au profit de Fabien Barthez, qui ne la lui rendra jamais. On retrouve Lama un mois plus tard, le 29 mai 1998 à Casablanca contre le Maroc (2-2) dans le cadre du tournoi Hassan-II. Et c’est tout, puisqu’il retourne au PSG après la Coupe du monde.

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Barthez file à l’anglaise à Man U

Le deuxième est justement Fabien Barthez. En conflit avec Claude Puel, il quitte l’AS Monaco pour Manchester United, qui avait tenté de l’attirer un an plus tôt. Son premier match en Bleu en tant que Mancunien date donc du 16 août 2000 lors de la prestation de gala à Marseille contre la Sélection FIFA (5-1). Il jouera en tout 25 fois sous les deux couleurs jusqu’en octobre 2003, échouant à la Coupe du monde 2002 mais remportant la Coupe des Confédérations 2003 où il alterne dans la cage avec Grégory Coupet.

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Dutruel ne fait que passer avec le Barça

Le troisième arrive très vite puisqu’il s’agit de Richard Dutruel. Son cas est très étonnant puisqu’après avoir été remplaçant de Lama au PSG puis titulaire à Caen, le natif de Thonon part au Celta de Vigo où il brille pendant quatre saisons au point d’être transféré au FC Barcelone à l’été 2000. En octobre, il touche enfin aux Bleus contre le Cameroun et remplace Letizi, blessé en cours de match, lequel avait suppléé Barthez, forfait lui aussi. 33 minutes plutôt convaincantes mais sans lendemain.

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Frey, meilleur en italien qu’en français

Dans le genre atypique, Sébastien Frey n’est pas mal non plus. Si son parcours en sélection est parfaitement anecdotique (2 capes en novembre 2007 en Ukraine et en mai 2008 contre l’Equateur), celui en club en Italie ne l’est pas du tout. Arrivé à l’Inter en 1998 à 19 ans après des débuts en pro à Cannes, il est ensuite prêté à Vérone, est nommé meilleur joueur de Série A en 2000, revient à l’Inter, puis part à Parme où il reste quatre saisons. Quand le club plonge, il est transféré à la Fiorentina où il joue six ans, jusqu’en 2011. C’est pendant cette période qu’il connait ses deux sélections en Bleu. Il finit sa carrière en Turquie, à Bursaspor en 2015, après avoir donc passé 17 ans à l’étranger, dont 15 en Série A pour 446 matchs joués ! Mais un seul trophée collectif, la Coupe d’Italie 2002 avec Parme.

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Lloris plus titré avec les Bleus qu’avec les Spurs

Et bien sûr il y a Hugo Lloris. Après des débuts très jeune à l’OGC Nice à 18 ans, il arrive à Lyon en 2008, mais pas de chance, c’est juste après la série de sept titres consécutifs avec Grégory Coupet. Il ne remporte qu’une Coupe de France en 2012, juste avant de faire ses bagages à Tottenham où il évolue encore, neuf ans plus tard et près de 300 matchs joués en Premier League. Il compte 91 sélections en équipe de France depuis son installation en Angleterre, avec évidemment un titre de champion du monde et une finale d’Euro à son palmarès. En club, il frôle la consécration en 2019, mais perd la finale de la Ligue des Champions contre Liverpool. Il est également battu en finale de la League Cup en 2015 et 2021.

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Mandanda et le piège de Crystal

Si Steve Mandanda comptait suivre ses traces en signant à l’été 2016 à Crystal Palace [Il avait fait un essai à Aston Villa en 2007, avant d’être prêté par Le Havre à l’OM.]], il s’est vite rendu compte de son erreur : une dizaine de matchs au compteur en Angleterre et retour express à Marseille dès juillet 2017. Dans l’intervalle, il régresse dans la hiérarchie des Bleus puisqu’il ne joue que les deux premiers matchs de la saison contre l’Italie et la Biélorussie en septembre 2016 et n’est plus appelé en mars et juin 2017, Benoît Costil devenant temporairement le numéro 2 derrière Lloris.

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Areola, Coupet, Domingo et Crozier ont laissé le coq à la frontière

Le troisième protagoniste qui apparaît à ce moment-là, c’est Alphonse Areola, mais qui ne fait pas partie des six précédents. Si le gardien formé au PSG sera champion du monde sans aucune sélection en 2018, il fait ses débuts dans la cage des Bleus juste après, c’est alors qu’il porte le maillot parisien après avoir été prêté une saison à Villareal. Il repart en prêt au Real Madrid à l’été 2019, où il ne s’impose pas, avant d’aller à Fulham pour une saison en 2020, puis à West Ham en 2021 où il sera transféré définitivement dans quelques mois. Mais lors de ces trois saisons passées en Espagne et en Angleterre, il n’a jamais joué en sélection.

C’est le même cas pour Grégory Coupet, transféré de Lyon à l’Atlético Madrid à l’été 2008 juste après l’Euro en Suisse et en Autriche, où il était titulaire. Mais quand il quitte la France, Coupet a déjà annoncé qu’il renonçait à la sélection. Son successeur sera d’abord Steve Mandanda, puis Hugo Lloris.

Ajoutons à cette liste Marcel Domingo. S’il ne compte qu’une sélection en équipe de France (en avril 1948 contre l’Italie), c’était à l’époque où il évoluait au Stade Français. Juste après, il entame une brillante carrière en Espagne, à l’Espanyol de Barcelone tout d’abord (1948-49), puis à l’Atlético de Madrid (1948-1951) où il sera deux fois champion d’Espagne. Après un bref passage en France à Nice, le temps de réaliser le doublé Coupe-championnat (1952), il retourne au sud des Pyrénées pour quatre saisons à l’Atlético.

Mais le tout premier gardien des Bleus à jouer à l’étranger est Georges Crozier. Il avait signé à Fulham à 22 ans en 1904, mais lorsqu’il est appelé en sélection en mai 1905 contre la Belgique, il évolue à l’US Parisienne pendant son service militaire. Sa première sélection est d’ailleurs interrompue à la 65e minute, au moment où il quitte le terrain pour ne pas manquer son train et rejoindre sa caserne.


Quand Chayriguès préférait le Red Star à Tottenham

Quelques années plus tard, le premier grand gardien du football français aurait pu lui aussi jouer en Angleterre. En 1913, le club londonien de Tottenham (celui-là même où joue Lloris, donc), tente d’attirer l’international français de 21 ans qui brille au Red Star. Officiellement amateur (Il est électricien), il dit gagner environ 10 000 francs de l’époque par an. Tottenham lui en propose quatre fois plus [2], Chayriguès aurait pu faire carrière en pro en Angleterre, mais ça ne l’intéressait pas. Il comptera 21 sélections en Bleu jusqu’en 1925.

[1sa première date d’octobre 2020 contre la Finlande, où il avait remplacé Steve Mandanda à la mi-temps.

pour finir...

Merci à Raphaël Perry qui a cité Marcel Domingo et à Richard Coudrais qui a signalé le cas de Georges Crozier, tous deux absents de la première version de l’article.

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