Ils seront mal habillés

Publié le 18 mars 2016

PNG - 21.7 koL’habit ne fait pas le moine, et le maillot ne fait pas le champion. Heureusement, parce qu’avec la nouvelle tenue de la marque américaine, les Bleus ne sont pas aidés. Inventaire de la tendance 2016 et test comparatif avec les cinq plus beaux maillots de l’Histoire.

Le maillot du prochain Euro sera-t-il un des plus moches de l’Histoire des Bleus ? En tout cas il a le mérite de placer la barre assez haut, alors que jusqu’à présent, les stylistes de la marque à la virgule avaient fait dans le sobre, du moins pour ce qui concerne la version bleue. Hormis celui de l’Euro 2012, qui combinait bizarrement le bleu et des lignes horizontales dorées, ceux de 2011 et 2014, très proches hormis la couleur du col (noir puis blanc), faisaient dans l’uni.

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L’édition 2016 nous ressort une version ton sur ton déjà essayée par Adidas en 2008 après l’Euro : un bleu pétrole sur les épaules et un bleu un peu plus lumineux pour le reste, avec des motifs genre spiderman sur le torse. Pas de blanc (hormis pour le logo de l’équipementier et pour le coq), pas de rouge. Le look rugby, en quelque sorte. Il ne reste plus qu’à espérer que les Bleus joueront en bleu cet été, parce que le deuxième maillot, dit away, est encore pire : une manche bleue foncé, une manche rouge-voilet et le reste en blanc. Difficile d’imaginer que quelqu’un (ils s’y sont peut-être mis à plusieurs, pour diluer les responsabilités en cas de plainte) a été payé pour produire une telle catastrophe.

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Voilà à quoi ressemble un vrai maillot

Comme lors de chaque nouvelle production, on va donc se faire du mal en comparant le dernier arrivé avec ses prédécesseurs. On va même classer les cinq meilleurs en fonction de critères parfaitement subjectifs et totalement assumés. Quels sont ces critères ? Pour faire court, on dira sobriété, innovation, cohérence et réussite. La sobriété, car un maillot de foot n’a pas besoin de fantaisies ostentatoires pour faire le job. L’innovation, c’est ce qui peut justifier la sortie d’un nouveau maillot, sinon à quoi bon ? La cohérence, c’est le respect de la disposition des couleurs (en l’occurence le bleu pour le maillot, le blanc pour le short et le rouge pour les chaussettes) et des teintes (bleu foncé et rouge vif). La réussite de l’équipe portant chaque maillot, enfin, se mesure après coup, mais elle joue un rôle non négligeable dans le souvenir qui y est associé.

1. Le maillot Orwell (1984-86)
Le col et les brodures des manches blanches sont abandonnées pour la première fois depuis 1978. Pour la première fois, quatre bandes horizontales apparaissent sur le torse : une large rouge et trois fines blanches. Sobre, original, cohérent, ce maillot a tout pour plaire. Il ne manque plus que les résultats, et justement les voilà : en un peu moins de deux ans (d’avril 1984 à février 1986), l’équipe de France va tout gagner ou presque : 13 victoires, 2 nuls et 2 défaites. Et bien sûr elles remportera l’Euro à la maison (et dans la foulée, l’équipe olympique décrochera l’or à Los Angeles avec le même maillot). La version alternative en blanc ne sera utilisée que trois fois (contre la Belgique à Nantes, au Luxembourg et à Sarajevo face à la Yougoslavie). Jusqu’à ce jour, c’est le plus beau maillot de l’équipe de France.

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2. Le maillot Deuxième étoile (2002-2003)
Désormais champions du monde et d’Europe, les Bleus étrennent leur nouvelle tunique le 13 février 2002 contre la Roumanie. La bande rouge a disparu, remplacée par une doublure rouge visible en transparence sur les flancs. C’est sobre, pas très pratique à remettre si c’est mal enlevé (David Trezeguet va s’en rendre compte contre l’Ecosse) et la police utilisée rappelle celle du début des années 70. La variante en blanc est également très réussie, le tournoi mondial beaucoup moins. La deuxième étoile ne viendra pas. Mais après trois défaites contre la Belgique, le Sénégal et le Danemark (en blanc), les Bleus ne perdront quasiment plus et remporteront 19 matches sur 26 (3 nuls, 4 défaites).

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3. Le maillot Cardiaques s’abstenir (2000-2001)
Par superstition, les stylistes d’Adidas décident de garder la ligne rouge porte-bonheur de 1984 et 1998 afin de préparer au mieux l’Euro 2000. Mais ils allègent considérablement le dessin du maillot champion du monde en enlevant les trois lignes blanches et en croisant les doigts pour que ça ne porte pas la poisse. Pari gagné à condition d’avoir un muscle cardiaque solide : les Bleus sont champions d’Europe en s’imposant deux fois de suite au but en or. Sur 30 matches, ils n’en perdent que 4 (21 victoires, 5 nuls).

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4. Le maillot costard rayé (1980-1984)
Fini le bleu uni, voici le bleu à rayures verticales ! La mode, au début des années 1980, ce sont les costumes sombres ornés de fines rayures blanches. Les Bleus s’y mettent en novembre 1980 à Hanovre (où ils se font corriger par la RFA) et le portent jusqu’au début 1984. Pas toujours avec bonheur, puisqu’ils perdent presque aussi souvent qu’ils gagnent (14 victoires, 7 nuls et 12 défaites). Mais ce sera à jamais le maillot de Séville (le col marin ayant remplacé le col rond juste avant le Mundial) et celui du premier carré magique.

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5. Le maillot Gloria Gaynor (1998-1999)
Le 31 janvier 1998, les joueurs d’Aimé Jacquet ne font pas qu’inaugurer un Stade de France aux allures de toundra sibérienne : ils revêtent pour la première fois le maillot qui va entrer dans l’histoire cinq mois plus tard et qui s’ornera en septembre d’une étoile au dessus du coq. C’est une réplique fétichiste et un peu lourde de celui de 1984, avec un parement rouge et blanc qui délimite les emmanchures et un col blanc. A noter aussi que c’est avec ce maillot-là que l’équipe de France jouera pour la première fois en bleu-bleu-rouge face à la Croatie le 8 juillet. Et qu’au niveau performance, c’est une des tenues les plus efficaces de l’histoire avec 19 victoires, 8 nuls et 2 défaites.

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A paraître le 25 octobre

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