Les barons de Munchhaüsen

Publié le 21 décembre 2010, mis à jour le 18 octobre 2017

Pendant la durée de la coupe du monde, L’Humanité ouvre ses colonnes chaque jour aux Cahiers du football. Dans cet article publié le 21 juin 2006, j’ose un parallèle entre les stars vieillissantes de l’équipe de France et la troupe du baron de Munchhaüsen, dont le château près d’Hanovre sert de résidence aux Français.

L’équipe de France est installée près de Hanovre, au Schlosshotel Munchhausen d’Aerzen, dans un château du 16ème siècle. Munchhausen ? Ce nom rappelle quelque chose aux cinéphiles : en 1989, Terry Gilliam avait adapté au cinéma les Aventures du baron du même nom. Le choix de l’hôtel ne laisse donc rien au hasard.

Le baron, c’est bien sûr Zinedine Zidane. Star vieillissante sur le retour, il joue de son charisme et de sa réputation pour tenter de retrouver sa splendeur passée malgré le poids des ans. Il adore se faire désirer, annonce régulièrement son départ avant de revenir et semble rajeunir dans l’épreuve. Mais, prudent, il conditionne son retour à la présence à ses côtés de quatre compagnons d’aventure qui vont pallier ses défaillances.

Le petit homme au souffle surpuissant, Gustavus, c’est Claude Makelele. Du début à la fin du match, il n’arrête jamais de courir, de ratisser tous les ballons qui traînent et de les rendre à ses coéquipiers. Les ans n’ont pas de prise sur lui.

Le colosse noir, Albrecht, est capable de soulever une montagne de richesses ou de catapulter plusieurs navires sur les ennemis. L’Albrecht de Zidane, c’est Patrick Vieira. Avec sa force, il peut percuter une équipe entière.

L’homme-flèche, Berthold, va si vite qu’il s’attache de gros boulets aux pieds. Berthold, c’est Thierry Henry. Il est capable de laisser n’importe qui sur place au démarrage, et s’il perd le ballon, de faire le même trajet en sens inverse pour le reprendre dans les pieds adverses.

L’homme qui voit loin, Adolphus, c’est Willy Sagnol. Sa précision lui permet de repérer le coéquipier dans un magma de défenseurs adverses et de lui déposer le ballon sur le crâne.


 

Dans le film, ces quatre comparses ne suffisent pourtant pas au baron pour se tirer d’affaire. Le petit plus qui fait toute la différence, c’est une enfant, Sally. A la fois intrépide et fascinée par le baron, elle l’aide à se sortir de situations inextricables par son culot et sa naïveté. Sally, c’est Franck Ribéry. Il n’a peur de rien, il fonce, et quand il est content, il fait des tours de terrain tout seul à la fin du match.

Si on poursuit l’analogie, le déroulement de l’histoire nous donne des indications précieuses sur la façon dont les Bleus vont gérer les épreuves à venir. Ainsi, dans le film, le baron de Munchhausen échappe à la ville assiégée en chevauchant un boulet de canon. Ce qui signifie que l’équipe de France franchira les huitièmes de finale grâce à une frappe surpuissante de Vieira, que Zidane laisse passer entre ses jambes.

Mais pour le dénouement, un doute subsiste : on se souvient en effet que le baron se sauve de la noyade en se tirant lui-même hors de l’eau par les cheveux. On voit mal comment Zizou pourrait faire une chose pareille. Et compte tenu du penchant funeste de la plupart des Bleus pour la boule à zéro, cela signifie-t-il que le salut passe par une tête de Gaël Givet ou Vikash Dhorasoo ? A moins que Grégory Coupet...

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