Lizarazu, de l’autre côté du micro

Publié le 9 décembre 2010, mis à jour le 16 août 2014

C’est l’aile gauche de la meilleure ligne défensive de l’histoire des Bleus. Entre 1992 et 2004, Bixente Lizarazu a tout connu, de la défaite au Parc contre Israël aux titres européens et mondiaux. Et maintenant, c’est lui commente.

Son apport :

Ancien attaquant reconverti défenseur, Bixente Lizarazu mettra près de quatre ans (et 21 matches) pour gagner une place de titulaire chez les Bleus, lors de l’Euro 96 (où il succède à Di Méco). Mais après, il ne la lâchera plus, bénéficiant de la complémentarité côté gauche avec Zidane et Dugarry, travaillée pendant quatre ans à Bordeaux. Ces trois-là se trouvent les yeux fermés et leurs combinaisons en triangle le long de la touche mettront au supplice des dizaines de défenseurs jusqu’en 2002.

Il est aussi l’aile gauche du carré magique défensif (avec Thuram, Desailly et Blanc) qui n’a jamais perdu le moindre match quand il était au complet. Pendant huit ans, Lizarazu ne laissera à personne le soin de le remplacer durablement, la concurrence n’étant il est vrai pas impressionnante : Vincent Candela, Martin Djetou, Mikael Silvestre, Jérémie Bréchet... Les piètres performances depuis de Gallas, Escudé, Evra ou Clichy donnent la mesure de l’apport du Basque. Seul Eric Abidal, dans sa meilleure période (coupe du monde 2006) soutiendra à peu près la comparaison, avec un impact offensif toutefois moindre.

Ses sélections :

Il n’aura manqué que trois petits matches pour que Lizarazu soit le septième centenaire de l’histoire des Bleus. Avec 97 sélections en 143 matches, il n’atteint un taux de participation que de 67%, ce qui n’est pas très élevé dans cette partie du classement, en douze années de carrière internationale. Ses absences de juin 1997 à avril 1998 et de juin 2002 à février 2003 l’auront bloqué à la septième place, laquelle n’est pas menacée et devrait tenir encore jusuqu’à 2017. Le joueur actif le plus proche est en effet bien loin, puisqu’il s’agit de Karim Benzema avec 71 sélections.

Joueur Sel Tps
de jeu
en mn
%
matches
titul
G N P Buts Cap
4 Zinedine Zidane 108 8507 94% 73 27 8 31 25
5 Patrick Vieira 107 7654 80% 65 26 16 6 21
6 Didier Deschamps 103 8362 92% 68 23 12 4 53
7 Bixente Lizarazu 97 7645 85% 65 23 9 2 1
8 Laurent Blanc 97 8237 94% 62 25 10 16 9
9 Sylvain Wiltord 92 5017 60% 64 16 12 26 1
10 Fabien Barthez 87 7900 100% 61 19 7 0 2
Voir le classement complet des joueurs

Classement des buteurs :

Avec deux buts en 97 matches, il ne pouvait guère prétendre à autre chose qu’à la 183ème place, derrière Mickaël Silvestre et Vincent Candela, et juste devant Lilian Thuram. Un de ces deux buts a d’ailleurs été inscrit lors de la coupe du monde 1998, face à l’Arabie Saoudite.

Joueur Buts Sel buts/
match
CF Pe 2 3+
180 Mikaël Silvestre 2 40 0,05 0 0 0 0
181 Vincent Candela 2 40 0,05 0 0 0 0
182 Edmond Delfour 2 41 0,05 0 0 0 0
183 Bixente Lizarazu 2 97 0,02 0 0 0 0
184 Lilian Thuram 2 142 0,01 0 0 1 0
185 Julien Faubert 1 1 1,00 0 0 0 0
186 Roland Wagner 1 1 1,00 0 0 0 0
Voir le classement complet des buteurs

Son équipe préférentielle :

Elle est à 100% génération 1998, avec une extraordinaire densité. Il a partagé plus de 70 matches avec deux de ses coéquipiers de la défense magique, les deux autres terminant juste en dessous de 50. Zidane, Vieira, Deschamps et Dojkaeff sont au-dessus des 50 matches en commun. On comprend qu’avec une telle expérience, ces joueurs se trouvaient quasiment les yeux fermés. On pourrait ajouter à cette sélection Robert Pires (51 matches), Sylvain Wiltord (45), David Trezeguet (42) et Christophe Dugarry (40), seulement devancés par les dix premiers par un temps de jeu supérieur.

Ses sélectionneurs :

Lancé par Gérard Houllier à l’automne 1992, Lizarazu ne joue que sept fois (dont quatre fois titulaire) pendant sa première année internationale. Avec Aimé Jacquet, il apprend à ne pas perdre (douze nuls et une défaite en 32 matches) et forme à partir de juin 1996 la défense magique aux côtés de Thuram, Desailly et Blanc (mais avec Bernard Lama dans les buts). Avec Lemerre et Santini, il sera titularisé 55 fois en 58 matches, pour la bagatelle de 41 victoires.

Premier match : 14 novembre 1992, France-Finlande

C’est le dernier match d’une année 1992 calamiteuse (Euro raté, cinq défaites et cinq nuls, parcours qualificatif mal parti) et contre la Finlande au Parc, la victoire est impérative. Elle sera acquise dans la douleur : les Bleus s’alignent en 5-3-2 avec un milieu Sauzée-Deschamps-Gravelaine et une défense centrale à trois, Boli-Roche-Casoni. Lizarazu se fait remarquer en centrant depuis l’aile gauche pour Cantona qui marquera de l’épaule en glissant, mais les Finlandais reviennent à 2-1 en deuxième période après que le défenseur basque se soit fait déborder par le dénommé Myyrry.

Son match référence : 15 novembre 2003, Allemagne-France

Il ne reste plus que huit mois de carrière internationale à Lizarazu qui va bientôt fêter ses 34 ans lorsque les Bleus vont s’étalonner à Gelsenkirchen contre l’Allemagne, finaliste mondial en 2002 et organisateur pour 2006. Liza retrouve face à lui certains coéquipiers du Bayern comme Ballack, Jeremies ou Kahn. Alors que les Allemands commencent fort (tir de Kuranyi sur la barre), une offensive menée par Pires côté gauche arrive sur Lizarazu, qui déborde et centre au second poteau sur la tête de Henry pour l’ouverture du score. Le reste du match sera tranquille pour le latéral gauche français qui pourra continuer à mettre la panique dans son couloir. Et même s’il quitte le Bayern l’été suivant pour l’OM, il y reviendra très vite pour y gagner deux nouveaux titres nationaux.

Dernier match : 25 juin 2004, Grèce-France

La Grèce en quarts de finale de l’Euro, ça doit être une formalité pour les Bleus qui n’ont jamais été battus par les Hellènes. Mais en cet été 2004, la sélection est en roue libre et les anciens n’en font qu’à leur tête. Jacques Santini ne dirige plus rien et quand les Grecs ouvrent le score à la 65e minute après que Zagorakis ait effacé Lizarazu le long de la touche d’un coup du sombrero, on sent que le match est plié. Bixente avait pourtant été à l’origine de la première occasion française (centre de la gauche sur la tête de Henry dont la frappe frôle la lucarne, à la 24e) et se met en évidence en début de seconde période avec notamment une impressionnante percée dans la défense grecque. C’est encore lui qui se crée la toute dernière occasion dans le temps additionnel, mais sa volée est contrée par... la main de Henry.

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