Et tous ces Bleus nés à l’étranger ?

Publié le 4 mai 2011, mis à jour le 5 mai 2011

Combien d’internationaux sont nés hors métropole ? Environ une centaine. Sur ce total, il faut enlever une vingtaine issus des dom-tom, et 36 nés en Afrique ou au Liban avant la décolonisation. Restent une quarantaine de joueurs qui ont choisi les Bleus plutôt que leur pays d’origine.

Comment dénombrer les joueurs binationaux parmi les 852 à avoir porté le maillot des Bleus depuis 1904 ? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Nous avons procédé autrement, en listant les joueurs nés hors métropole. Il en existe une centaine. Sur ce total, 36 sont nés en Afrique du Nord (Maroc et Algérie) au Sénégal ou au Liban avant l’indépendance de ces pays (de 1943 à 1962). Une vingtaine sont nés dans les départements et territoires d’outre-mer (Antilles, Guyane, Polynésie Française, Réunion, Nouvelle-Calédonie). Et une quarantaine ont vu le jour à l’étanger.

Cet article ne tient donc pas compte des joueurs nés en France de parents étrangers et qui, à ce titre, pouvaient avoir la double nationalité et donc choisir leur maillot national. C’est le cas par exemple de David Trezeguet, né en octobre 1977 à Rouen où son père Jorge était footballeur professionnel. David et ses parents sont repartis en Argentine en 1979. Trezeguet ne reviendra en France qu’en juillet 1995. Il est sélectionné en moins de 18 ans et en moins de 20 ans en équipe de France, avec qui il obtient sa première sélection en janvier 1998. Six mois plus tard, il est champion du monde à vingt ans et neuf mois.

Et si Trezeguet avait choisi l'Albiceleste ?
Et si Trezeguet avait choisi l’Albiceleste ?

Il faut d’ailleurs noter que les trois meilleurs joueurs de l’histoire sont nés en France (Platini à Jœuf en Lorraine, Zidane à Marseille et Kopa à Nœux-les-mines dans le Pas-de-Calais) de parents venus de l’étranger (Italie, Algérie et Pologne). Ils représentent donc la synthèse de l’apport des joueurs nés à l’étranger et de ceux nés en France ou dans les dom-tom.

Les dom-tom ont produit Lilian Thuram, Christian Karembeu, Florent Malouda, Bernard Lama, Jocelyn Angloma, Jacques Zimako, Marius Trésor, mais aussi Xercès Louis, Daniel Charles-Alfred, Gérard Janvion, Laurent Robert, Pascal Vahirua, Jean-Pierre Cyprien, Frédéric Piquionne, Pascal Chimbonda, Luc Sonor, et plus récemment Florent Sinama-Pongolle, Guillaume Hoarau ou Dimitri Payet.


Revenons aux joueurs nés à l’étranger. Les deux sources auxquelles le foot français a le plus puisé pour son équipe nationale sont faciles à localiser : Europe centrale jusque dans les années cinquante, Afrique depuis les années quatre-vingt. Et entre les deux, un interlude sud-américain.

La Hongrie et la Pologne ont ainsi fourni chacune six internationaux : Joseph Kaucsar (né en 1904), Edmond Weiskopf (1911), Désiré Koranyi et André Simonyi (1914) ; Ladislas Smid (1915) et Joseph Ujlaki (1929) pour la Hongrie, Ignace Kowalczyk (1913), Bolek Tempowski et Jean Swiatek (1921), André Jacowski (1922), Edouard Kargu (1925) et Thadée Cisowski (1927) pour la Pologne.

L’Allemagne vient après avec quatre joueurs : Edmond Haan (1909), Edouard Wawrzeniak (1912), Joseph Jadrejak (1918) et Henri Skiba (1927). On ne compte pas dans ce total les Alsaciens et Lorrains nés avant 1918, donc en territoire annexé par l’Allemagne.

L’Autriche a pour sa part amené trois internationaux : le grand gardien Rudi Hiden (1909) qui a joué vingt fois avec l’équipe d’Autriche avant de disputer une rencontre dans les buts français en 1940, Auguste Jordan (1909) et Henri Hiltl (1910), qui lui aussi a joué une fois avec l’Autriche.

La Yougoslavie n’existait pas en tant que telle à la naissance d’Yvan Beck (1909), et d’Aimé Nuic (1912), mais elle était constituée lors de leurs sélections au milieu des années 30. Enfin, la Suisse, avec Max Lehmann (1906) et les Pays-Bas avec Jacques Koczur (1930) ont donné chacun un Bleu.

A noter qu’avant guerre, la naturalisation d’un étranger entraînait le plus souvent la francisation de son prénom, voire la modification de son nom : ainsi, le premier prénom de Cisowski était Tadeusz, celui de Koranyi était Deszo, le nom de naissance de Kargu était Kargulewicz et Edouard Wawrzeniak était surnommé Waggi.

Patrick Vieira avec le maillot vert du Sénégal...
Patrick Vieira avec le maillot vert du Sénégal...

Pour compléter le panorama des Bleus nés avant guerre, il faut citer les Argentins Hector de Bourgoing (1934) et Nestor Combin (1940), qui ont été internationaux dans les années soixante. Ce dernier a fait une très belle carrière en Italie (Juventus, Torino, Milan AC) à une époque où le joueur français ne s’exportait quasiment jamais.

C’est en 1959 que nait en Espagne Luis Fernandez, qui intègrera les Bleus en 1982, quelques mois après le Mundial espagnol justement. Dario Grava (1948) est le seul natif d’Italie de la liste, comme Carlos Curbelo (1954), le seul Bleu né en Uruguay. C’est le père du Nancéen Gaston Curbelo.

Après l’Europe et l’Amérique latine, arrive donc la troisième vague de joueurs nés à l’étranger. Tous sont nés après les indépendances africaines. Les trois nations les plus représentées sont le Sénégal avec Amara Simba (1961), Ibrahim Ba (1973) et Patrick Vieira (1976), la Côte d’Ivoire avec Basile Boli (1967), Martin Djetou (1974) et Olivier Kapo (1980) et enfin la république démocratique du Congo (ex-Zaïre) avec Claude Makelele (1973), Peguy Luyindula (1979) et Steve Mandanda (1985).

Marcel Desailly en capitaine des Black Stars du Ghana
Marcel Desailly en capitaine des Black Stars du Ghana

Trois autres pays africains sont représentés, le Ghana avec Marcel Desailly (1968), le Cameroun avec Jean-Alain Boumsong (1979) et l’Angola avec Rio Mavuba (1984).

Au total, si la DTN se plaint aujourd’hui de fournir à bon compte des internationaux aux sélections africaines, elle devrait aussi se souvenir de tous ces footballeurs qui ont porté le maillot bleu et sans lesquels l’histoire de l’équipe de France ne serait pas la même.

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