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Laurent Blanc : les records à battre

Publié le 7 août 2010, mis à jour le 22 août 2010

Laurent Blanc prendra ses fonctions le 11 août prochain à Oslo, sur le banc d’une équipe de France pour laquelle il aura joué 97 fois entre 1989 et 2000. Au cours de son mandat, qui se terminera peut-être fin 2011 (en cas de non-qualification au prochain Euro), à l’été 2012 ou encore après la coupe du monde 2014, fera-t-il mieux que ses prédécesseurs ? Petit rappel des records à battre en termes de séries, et de joueurs utilisés, ainsi qu’un gros plan sur le match inaugural des sélectionneurs depuis 1969.

La plus belle série de victoires consécutives de l’histoire des Bleus est relativement récente. Elle s’est construite au cours du court mandat de Jacques Santini (2002-2004) avec quartorze victoires de rang entre mars 2003 et février 2004, au cours desquelles les Bleus ont marqué 42 buts (trois par match !) contre quatre encaissés seulement. La série compte quatre rencontres amicales (dont un remarquable 3-0 à Gelsenkirchen contre l’Allemagne), cinq matches qualificatifs pour l’Euro 2004 et les cinq parties de la coupe des confédérations organisée à domicile. Elle englobe en partie un autre record, celui du nombre de matches sans encaisser de but : onze entre juin 2003 et mai 2004. Elle ne débouchera sur rien, sinon deux 0-0 contre les Pays-Bas et le Brésil et un Euro raté avec une élimination en quarts contre la Grèce (0-1).

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Jacques Santini

Plus difficile à améliorer, sans doute, la série d’invincibilité établie par Aimé Jacquet dès sa prise de fonctions, en février 1994 : trente matches sans défaite (20 victoires, 10 nuls, 58 buts marqués, 11 encaissés) jusqu’en octobre 1996. A l’intérieur, on trouve tous les matches qualificatifs pour l’Euro en Angleterre ainsi que ce dernier, mais aussi 15 matches amicaux, et 7 rencontres terminées sur le score de 0-0 (dont deux conclues par une séance de tirs au but, victorieuse face aux Pays-Bas mais perdante contre la République tchèque). Au cours de cette série a été battu le record du score le plus large en faveur des Bleus, un 10-0 contre l’Azerbaïdjan le 6 septembre 1995 à Auxerre.

A l’intérieur d’une même année civile, la meilleure performance date de 1984, où les Bleus de Michel Hidalgo puis d’Henri Michel avaient aligné douze victoires en douze matches (28 buts marqués, 4 encaissés), dont les cinq de l’Euro 84 et trois de la campagne qualificative pour le Mondial 1986. A noter toutefois que le seul match à l’extérieur cette année-là s’est joué au Luxembourg.

Si l’on regarde maintenant du côté des joueurs utilisés, le plus prolifique est Michel Hidalgo, avec 89 joueurs appelés en 75 matches, soit vingt de plus que Raymond Domenech. Mais en tenant compte de la moyenne de joueurs différents par match, Stefan Kovacs (entre 1973 et 1975) fait mieux, puisqu’en 15 rencontres dirigées il a appelé 46 joueurs, soit plus de trois par match !

Enfin, on retrouve Michel Hidalgo au rayon des sélectionneurs qui ont testé le plus de nouveaux joueurs, soit 64 (sur les 840 ayant porté le maillot bleu). Raymond Domenech se classe deuxième avec 41 jeunes premiers lancés dans le bain international. Mais à la moyenne par match, c’est encore Stefan Kovacs qui l’emporte largement, avec 2,2 nouveaux joueurs. Kovacs et Hidalgo se rejoignent sur la proportion de nouveaux joueurs par rapport au nombre de joueurs utilisés : 72%. Deux fois plus que Santini (35%).

Si l’on se préoccupe désormais du premier match de chaque sélectionneur, c’est Henri Michel qui a obtenu le meilleur résultat en octobre 1984 avec une victoire (4-0) à Luxembourg, en qualifications pour le Mondial 1986. Parmi les dix derniers sélectionneurs, seuls deux autres ont remporté leur premier match : Stefan Kovacs en septembre 1973 contre la Grèce (3-1) et Aimé Jacquet en février 1994 en Italie (1-0). Souhaitons à Laurent Blanc de faire mieux que Raymond Domenech, Jacques Santini, Roger Lemerre et Michel Hidalgo (qui ont commencé par un nul) et surtout d’éviter les débuts de Gérard Houllier (0-2 contre le Brésil), Michel Platini (2-3 en Yougoslavie) et Georges Boulogne (0-5 en Angleterre).

Le plus innovant pour ce premier match est Stefan Kovacs, avec pas moins de sept débutants (dont cinq titulaires) alignés contre la Grèce, mais la plupart sont tombés dans l’oubli : si l’on se souvient de Bernard Lacombe, on ne peut pas en dire autant de Jean-Claude Osman, Pierre Repellini, Roger Jouve, Christian Sarramagna, Daniel Ravier et Marc Berdoll. Le total de sélection des onze titulaires ce soir-là (79) est aussi le plus faible depuis quarante ans pour un sélectionneur débutant (contre 314 pour Roger Lemerre avec les nouveaux champions du monde en août 1998). Enfin, cette équipe de France était la plus jeune (24,2 ans) des dix alignées depuis 1969.

Le 11 août vers 23h, on pourra comparer ces statistiques et le premier match de l’ère Laurent Blanc. En espérant bien sûr qu’au-delà des chiffres et du résultat brut (sans grande importance pour un match amical du mois d’août), l’état d’esprit des années de conquête soit de retour.



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