Toucher du bois : quand les poteaux s’en mêlent

Publié le 18 août 2016, mis à jour le 19 août 2016

Avant la frappe de Gignac repoussée par le poteau dans la deuxième minute du temps additionnel contre le Portugal, les montants ont parfois aidé les Bleus, et parfois pas. Dix exemples célèbres.

Ils sont blancs, mesurent 7 mètres 32 de long par 2 mètres 44 de haut, et 12 centimètres de diamètre. Ils font partie du jeu et bien souvent ils sont l’allié du gardien de but, quand les ballons s’écrasent contre eux avant de rebondir au loin. Si parfois une équipe peste contre la malchance, sur le long terme le bilan finit toujours par s’équilibrer. A l’Euro, les Bleus ont perdu la finale à la 92e, quand le tir de Gignac a trouvé le montant de Rui Patricio avant de passer devant Griezmann. Mais auparavant, depuis 1982, ils ont été parfois sauvés, parfois pas.

8 juillet 1982, Séville - RFA-France, 15e (Littbarski)

Le premier quart d’heure de la demi-finale tant attendue se termine, et l’équipe de France souffre face à des Allemands qui pressent haut. Janvion fait faute sur Fischer aux trente mètres, puis juste après c’est Platini qui accroche le pied de Dremmler à vingt mètres des cages d’Ettori. Breitner glisse le ballon à Littbarski dont la frappe tendue ricoche sur la barre des Bleus. Première alerte. Trois minutes plus tard, le même Littbarski ouvrira le score. A 0-2 en moins de vingt minutes, l’équipe de France serait-elle revenue au score ? Pas sûr.


8 juillet 1982, Séville - RFA-France, 89e (Amoros)

Il ne reste que trente secondes avant la fin du temps réglementaire et le score est toujours de 1-1. Les Bleus ont largement dominé la deuxième mi-temps, et poussent encore sur une sublime action partie d’Ettori et relayée par Amoros sur la gauche, Janvion, Platini, Trésor, Tigana sur la droite, Six, Tigana, Giresse dans l’axe, Platini puis encore Amoros côté gauche qui n’est pas attaqué et qui a vingt mètres libres devant lui. Il avance, avance encore et se décide à frapper du droit à 25 mètres. Le tir finit sur la barre de Schumacher qui était battu, Six récupère le ballon mais ne trouve pas le cadre. A 2-1, les Allemands auraient-ils eu le temps d’égaliser pendant les 3 minutes 30 de temps additionnel ? Possible, mais pas certain.

21 juin 1986, Guadalajara - Brésil-France, 70e (Careca)

Il ne reste que vingt minutes à jouer dans ce quart de finale déjà immense, et Français et Brésiliens attaquent sans discontinuer malgré la chaleur et la fatigue sans se départager (1-1). Après une longue phase de possession française, les Brésiliens relancent de leur camp, Socrates sert Josimar sur le côté droit. Son centre trouve Careca dans la surface dont la tête est repoussée par la barre alors que Bats étaient battu. S’ils avaient marqué là, les Brésiliens auraient abordé le dernier quart d’heure en position de force. Trois minutes plus tard, le pénalty de Zico allait être sorti par Bats, qui déviera encore une tête de Zico à bout portant à six minutes de la fin. A noter que Muller avait déjà trouvé le poteau à la 32e, alors que le Brésil menait 1-0.

21 juin 1986, Guadalajara - Brésil-France, tirs au but (Bellone)

La prolongation n’ayant pas permis aux deux équipes de se départager, le match se jouera aux tirs au but. Socrates voit sa tentative repoussée par un Bats imprenable. Stopyra, Alemao, Amoros et Zico marquent ensuite. Puis vient le tour de Bruno Bellone. L’attaquant monégasque racontera plus tard que Carlos, le gardien brésilien, a craché sur le ballon en rejoignant sa cage. Fureur du Français, qui décide de mettre une patate. Le ballon heurte la base du poteau, revient en jeu, ricoche sur la tête de Carlos et rentre. Si le gardien brésilien avait plongé de l’autre côté, il n’y aurait pas eu but. Et comme Platini a manqué le sien juste après... Mais comme ce jour-là, Dieu était Français, c’est Julio Cesar qui trouve le poteau de Bats. Le Brésil est éliminé.

26 juin 1996, Manchester - France-République tchèque, 60e (Djorkaeff)

C’est une demi-finale à mourir d’ennui qui va déterminer l’adversaire de l’Allemagne à Wembley. Les Tchèques de Poborsky refusent le jeu et les Bleus de Zidane n’ont plus de jus après un quart éprouvant contre les Pays-Bas. En l’absence de Deschamps, c’est Desailly qui joue au milieu et Youri Djorkaeff en pointe. C’est d’ailleurs lui qui se procure la seule occasion franche du match à l’heure de jeu, mais son tir de vingt mètres trouve la barre de Kouba. Les tirs au but seront fatals aux hommes de Jacquet.

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31 mai 2002, Séoul - France-Sénégal, 23e (Trezeguet)

En ouverture de la coupe du monde 2002 dont elle est favorite, la France est malmenée par une équipe sénégalaise qui n’a rien à perdre et qui joue sans complexe. A la 23e pourtant, une attaque de Petit trouve Henry qui sert Trezeguet à l’entrée de la surface adverse. Celui-ci crochète, se replace sur son pied droit et frappe. Le poteau gauche sauve Tony Silva qui était battu. S’ils avaient ouvert le score, les Bleus auraient-ils gagné ce match et passé le premier tour ? En tout cas, Henry trouvera la barre à la 66e, tandis que Petit (contre l’Uruguay), Desailly et Cissé contre le Danemark toucheront eux aussi du bois. Ça fait beaucoup.

9 juillet 2006, Berlin - France-Italie, 7e (Zidane)

A part un KO technique de Cannavaro sur Henry, il ne s’est encore rien passé dans cette finale quand sur un long dégagement de Barthez relayé par Henry, Malouda entre dans la surface, se faufile entre Cannavaro et Materazzi et s’écroule. Pénalty (le ralenti montrera qu’il n’y a aucune faute) que va tirer Zidane. Le capitaine français fixe Buffon (avec qui il a joué à Turin) et place un ballon piqué plein axe, qui heurte le dessous de la barre, tombe dix centimètres derrière la ligne, remonte, ricoche sous la barre et ressort. C’est le 156e et dernier but de la carrière de Zidane.

9 juillet 2006, Berlin - France-Italie, 36e (Toni)

Loin d’être assommés par l’ouverture du score, les Italiens dominent et égalisent rapidement par Materazzi de la tête (19e). A la 36e, Pirlo tire un corner, Toni s’élève dans la surface et catapulte le ballon de la tête... sur la barre de Barthez, encore battu. A 1-2 à ce moment du match, les Bleus ne seraient sans doute pas revenus au score face à des Italiens toujours aussi injouables quand ils mènent au score.

9 juillet 2006, Berlin - France-Italie, tirs au but (Trezeguet)

L’Italie a obtenu ce qu’elle cherchait, à savoir pousser les Bleus aux tirs au but. Privés de Zidane expulsé dix minutes plus tôt, ces derniers ont lâché mentalement. Pirlo marque, Wiltord aussi. Materazzi trompe Barthez une deuxième fois. Vient le tour de Trezeguet, partenaire de Buffon en club. L’avant-centre français piétine sa course d’élan, cherche la lucarne et trouve la barre. Le ballon ricoche juste devant la ligne et sort. Le héros de 2000 échoue six ans plus tard. Il ne s’en remettra jamais.

10 juillet 2016, Saint-Denis - Portugal-France, 90e (Gignac)

Dans cette finale étouffante où la blessure de Ronaldo a soudé les Portugais et déstabilisé des Français archifavoris, les prolongations s’approchent. Le temps additionnel a commencé depuis plus d’une minute quand un débordement d’Evra dans le couloir gauche se termine par un centre au premier poteau pour Gignac qui laisse Pepe sur les fesses d’un crochet parfait, se retourne, évite Fonte et prend Rui Patricio à contrepied d’une frappe un peu manquée qui vient heurter la base du poteau avant de passer à un mètre de Griezmann. L’Euro vient d’échapper définitivement aux Bleus. Eder marquera le but décisif à la 108e.

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