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Vers un scénario à la 1993 ?

Publié le 30 septembre 2011

Deux matches à jouer à domicile, une qualification à portée de main, ça ne vous rappelle rien ? En octobre 1993, les Bleus s’inclinent contre toute attente face à Israël, puis, un mois plus tard, contre la Bulgarie. Un tel scénario est-il à nouveau possible ?

Quand le calendrier du groupe D a été élaboré, dans les jours qui ont suivi le tirage au sort des éliminatoires de l’Euro 2012, la FFF a obtenu de jouer les deux dernières rencontres à domicile, contre l’Albanie et la Bosnie. Une configuration risquée en cas de qualification rapide (deux matches sans enjeu contre des équipes peu cotées), mais bien pratique dans l’hypothèse où les Bleus devraient arracher leur billet aux forceps, comme à la grande époque de 1977, 1981 ou 1985.

Après cinq points perdus dans la nature contre la Biélorussie, et deux autres égarés à Bucarest, l’équipe de France ne s’en sort pas si mal puisqu’elle aborde le sprint final avec un point d’avance sur la Bosnie, mais aussi quatre de mieux sur la Roumanie, actuel troisième. C’est une différence de taille avec l’automne 1993, l’archétype du scénario-catastrophe qui allait plonger les Bleus dans la crise moins de cinq ans avant une coupe du monde à domicile.

Les griffes de la nuit

Pour tous les mois de 25 ans, l’automne 1993 n’évoque pas grand chose. Un petit rappel historique s’impose donc. A l’époque dirigée par Gérard Houllier, l’équipe de France avait quasiment son billet pour la World cup américaine envisagée comme une répétition générale avant l’édition 1998 que la FIFA nous avait confié un an avant.

Après un début raté (défaite en Bulgarie 0-2), les coéquipiers de Deschamps et Papin s’étaient remis en selle avec des victoires contre l’Autriche (2-0), la Finlande (2-1), en Israël (4-0), en Autriche (1-0) et contre la Suède (2-1). L’été 1993 voit les Bleus ramener un point de la Suède (1-1) et gagner en Finlande (2-0). Restent donc deux matches à domicile, contre Israël et la Bulgarie. Une victoire face aux premiers nommés suffit pour obtenir une des deux places qualificatives.


La suite, on la connait : un match mal préparé (voire pas préparé du tout) et plein de suffisance contre des Israëliens accrocheurs qui ouvrent le score sous l’averse, encaissent deux buts avant la mi-temps mais tiennent bon, puis égalisent à sept minutes de la fin (2-2) sur une énorme mésentente Desailly-Lama et finissent par l’emporter grâce à un but marqué à la 93e minute, là encore sur une invraisemblable double erreur de Desailly et de Blanc.

Le 17 novembre, la Bulgarie vient au Parc avec un point de retard et l’obligation de gagner pour se qualifier. Cantona ouvre le score à la demi-heure, Kostadinov égalise juste après. Le score nul qualifie les Bleus, qui ne savent pas comment gérer le match : Papin sort à la 60e, remplacé par Ginola, lequel balance un ultime coup-franc près du corner à vingt secondes de la fin. Juste le temps qu’il faut aux Bulgares pour remonter le terrain en trois passes. Kostadinov finit le boulot d’un tir sous la barre de Lama. 1-2.

1993-2011 : comme un air de ressemblance

En cas de victoire contre l’Albanie, les Bleus seraient dans la même configuration qu’en 1993 : un point d’avance sur un adversaire direct qui doit l’emporter pour se qualifier.

La défaite initiale contre la Biélorussie en septembre 2010 rendait peu probable une qualification facile, tout comme le 0-2 à Sofia en septembre 1992.

Comme en 1993, l’équipe de France est en reconstruction avec un sélectionneur nommé après un échec en phase finale (élimination au premier tour à l’Euro 1992 et à la coupe du monde 2010).

Comme en 1993, la fédération vient d’obtenir l’organisation d’une compétition internationale pour dans cinq ans (le Mondial 1998 à l’époque, l’Euro 2016 aujourd’hui), démultipliant les dommages collatéraux d’une élimination prématurée.

2011-1993, pourquoi ce n’est pas la même chose

L’Albanie est sur le papier meilleure qu’Israël il y a 28 ans, et on peut considérer que la Bosnie d’aujourd’hui ne vaut pas la Bulgarie de 1993 (qui jouerait une demi-finale mondiale sept mois plus tard). Donc deux adversaires prenables mais à ne pas sous-estimer.

JPEG - 40 koEn 1993, les deux premières places étaient qualificatives, sans barrage. Mais Français et Bulgares se disputaient la deuxième, les Suédois terminant premiers. Autrement dit, le perdant était éliminé. En 2011, il manque deux points à la France pour écarter la Roumanie, et encore si cette dernière gagne ses deux derniers matches. Dans tous les autres cas, même deux défaites des Bleus leur assurerait une place en barrages.

L’ambiance à l’intérieur du groupe était exécrable en 1993, avec une scission entre Parisiens (Ginola, Lama, Le Guen, Guérin, Roche) et ex-Marseillais (Papin, alors au Bayern, Desailly qui venait juste de rejoindre Milan et Cantona à Manchester United) et un sélectionneur qui n’avait plus d’autorité, comme Domenech l’an dernier. Rien à voir avec les petits mouvements d’humeur de Samir Nasri aujourd’hui.

Enfin, en 2011, on connait l’histoire, ce qui rend la probabilté d’une nouvelle accumulation de catastrophes très improbable. Le seul « survivant » de cette époque est justement Laurent Blanc, le dernier défenseur à avoir tenté de contrer la frappe de Kostadinov le 17 novembre 1993. Nul doute qu’il saura prévenir ses joueurs de ce qui arrive quand on fête une qualification trop tôt.

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