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Histoire des France-Bulgarie (2/2) : Emil et une nuit

Publié le 1er octobre 2016

Depuis 1977, les Bleus dominent régulièrement les Bulgares, sauf une fois, en 1993, date de la seule défaite à domicile qui a fermé la route des Etats-Unis. Kostadinov, ça vous dit quelque chose ?

Cette fois, c’est la bonne : Michel Hidalgo en est sûr, à la mi-temps du Bulgarie-France du 9 octobre 1976, il va être le premier sélectionneur des Bleus à revenir de Sofia avec une victoire depuis 44 ans, c’est-à-dire quasiment son âge. Emmenée par un Platini rayonnant, son équipe de France est nettement supérieure à son adversaire et un troisième but, après ceux de Lacombe et de Platini sur coup-franc, pliera le match pour le compte. Mais l’arbitrage baroque de M. Foote (pénalty refusé à Platini, but bulgare avec deux hors-jeu et pénalty imaginaire accordé aux locaux) fera que le 2-2 final prendra des allures de point gagné.
 


 

Un ticket pour l’Argentine

Treize mois plus tard au Parc, une victoire est impérative pour aller en Argentine, et cette fois, les Bleus obtiennent le 3-1 au terme d’un match maîtrisé de bout en bout (buts de Rocheteau, Platini et Dalger) hormis quatre minutes de stress après la réduction du score de Cvetkov. L’apport de Jean-Marc Guillou au milieu a été décisif [1].
 


 
Depuis longtemps, les matches entre Français et Bulgares n’ont plus rien d’amical. La dernière rencontre sans enjeu date de mai 1982, dans le cadre de la préparation du Mondial espagnol, et les deux équipes se neutralisent à Lyon (0-0) malgré un milieu Tigana-Giresse-Genghini. C’est la seule fois qu’aucun but n’est marqué dans un France-Bulgarie.

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Tombeurs de champions d’Europe

En novembre 1984, on ne rigole plus puisqu’une place pour le Mondial mexicain est en jeu. Après dix victoires d’affilée, les Bleus champions d’Europe peinent pour battre des Bulgares accrocheurs, et il faut un pénalty généreux transformé par Platini pour se contenter d’une victoire minimaliste (1-0) sans Giresse.

 


 

Le match retour, en mai 1985, est l’occasion d’enfin décrocher une victoire à Sofia puisque les Bleus sont invaincus depuis vingt mois. Henri Michel aligne un milieu Tigana-Fernandez-Platini-Touré derrière une attaque Stopyra-Bellone. Avec ça, il y a de quoi voyager, mais une grosse faute de main de Bats à la 11e minute rend les choses compliquées. C’est le premier but encaissé depuis celui contre le Portugal, presque un an plus tôt. A l’heure de jeu, il y en a un deuxième, encore sur corner, et nouvelle défaite à Sofia, la cinquième du genre (0-2).
 


 
En septembre 1992, Gérard Houllier récupère une équipe qui ne va pas fort après une élimination précoce à l’Euro suédois et une défaite à domicile contre le Brésil. Pas le moment idéal pour aller en Bulgarie, on en conviendra, surtout que celle-ci aligne un avant-centre redoutable, Hristo Stoïchkov. En une demi-heure, l’affaire est entendue avec un but sur pénalty de Stoïchkov suite à une faute de Papin sur Kostadinov, et un de Balakov après un mauvais dégagement de Petit (0-2).

Kostadinov entre dans l’histoire

La suite du parcours qualificatif pour le Mondial 1994 se passe pourtant beaucoup mieux, et en novembre 1993, un nul suffit aux Bleus pour accrocher la deuxième place derrière la Suède. La défaite sans queue ni tête contre Israël un mois plus tôt (2-3 après avoir mené 2-1 jusqu’à la 82) n’a pas servi de leçon : l’équipe de France ouvre le score par Cantona mais se fait rejoindre cinq minutes plus tard sur un corner de Balakov transformé par Kostadinov. Attaquer ou tenir le résultat, telle est la question, et à la 69e, Ginola remplace Papin. Dans les dernières secondes du temps réglementaire, les Bleus obtiennent un coup franc près du corner bulgare. Ginola le tire au second poteau et sur le contre, Emil Kostadinov, toujours lui, place une frappe de mule sous la barre de Bernard Lama, à la 90e minute exactement (1-2). Les Bleus n’iront pas aux Etats-Unis, ou Suédois et Bulgares atteindront les demi-finales.
 


 

Dernier rendez-vous à Newcastle

Il manquait au tableau un France-Bulgarie en phase finale. C’est chose faite au premier tour de l’Euro 1996, et les Bleus ont besoin d’au moins un nul pour atteindre les quarts de finale. Ils feront mieux que ça avec une victoire sans histoire à Newcastle (3-1), Blanc et Loko ayant répondu à Stoïchkov, alors que Penev avait marqué contre son camp. Il faudra attendre vingt ans avant de voir la revanche, l’intervalle de temps le plus long de l’histoire des deux sélections.
 

[1Lire le récit détaillé du match : 16 novembre 1977 : France-Bulgarie



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